Le sujet du diagnostic et de la prise en charge des Dysfonctionnements Temporo-Mandibulaires (DTM) est marqué par des controverses persistantes depuis plus d’un siècle. Initialement interprétés à travers des modèles mécanistes centrés sur l’occlusion et les relations anatomiques, ces troubles ont fait l’objet d’une réévaluation progressive.
Les auteurs distinguent les controverses légitimes de celles qui relèvent d’un déni des preuves scientifiques. Les auteurs citent notamment une étude américaine ayant référencé et analysé les sites Internet de chirurgiens-dentistes « spécialisés » dans la prise en charge des DTM aux États-Unis. Ces sites orientaient les patients vers des thérapies obsolètes ou invalidées dans environ 65 % des cas [1].
Raisons de la résistance persistante au changement
Les auteurs expliquent la résistance au changement principalement par deux facteurs : un manque de connaissances et des motivations financières ou idéologiques.
Ces phénomènes seraient renforcés par l’influence de groupes professionnels, mais aussi par des biais cognitifs, soutenus par l’idée que si un avantage économique est associé à une ligne de pensée particulière, celle-ci peut être privilégiée même en l’absence de données probantes [2].
Évolution des concepts mécanistes du XXe siècle
La prise en charge des DTM par le chirurgien-dentiste plutôt que par le médecin a été influencée par les travaux de James Bray Costen. De 1934 à 1959, Costen, oto-rhino-laryngologiste, a publié une série d’articles dans lesquels il postulait que la perte de la dimension verticale entraînant un déplacement condylien à l’origine de modifications structurelles et fonctionnelles, provoquant des symptômes tels que la douleur, les acouphènes, les maux de tête et la sécheresse orale, symptômes qui sont devenus connus sous le nom de « syndrome de Costen ». Afin d’atténuer ces symptômes, Costen recommandait…