Contexte
Parmi les 230 types de papillomavirus humains (HPV), plus de 40 du genre alpha-papillomavirus infectent le tractus anogénital et la cavité buccale. Au sein de ces 40 types, 12 sont considérés à haut risque (HR) d’entraîner un carcinome oropharyngé (OPC), le HPV16 étant détecté dans environ 90 % des cas d’OPC associés au HPV. Les types de HPV à faible risque, tels que les HPV6 et HPV11, peuvent, pour leur part, provoquer des papillomes buccaux. La proportion d’OPC attribuables au HPV a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, passant de moins de 20 % dans les années 1980 à 40-80 % entre 2000 et 2017. Contrairement au cancer anogénital induit par le HPV, aucune lésion précurseur distincte n’a encore été décrite pour l’OPC. Les OPC associés au HPV se trouvent principalement dans les sites lympho-épithéliaux tels que les amygdales palatines et la base de la langue. La méthode la plus fréquemment utilisée pour prélever des échantillons buccaux en vue de la détection de l’ADN du HPV est le bain de bouche ou le gargarisme. Cette méthode ne permet pas de déterminer où se trouvait l’ADN du HPV détecté.
L’objectif principal de cette revue est de résumer les données actuelles sur la prévalence du HPV buccal et de présenter les différences de prévalence du HPV buccal entre divers groupes de population en fonction du sexe, de l’âge, du statut VIH et de la région géographique. Les objectifs secondaires sont de présenter les connaissances actuelles sur les sites buccaux d’infection par le HPV, les facteurs de risque d’infection buccale par le HPV, les effets de la vaccination prophylactique contre le HPV sur la prévalence du HPV buccal et les méthodes de prélèvement optimales pour la détection du HPV buccal.
Méthodes
Cette revue systématique a été réalisée en suivant les critères PRISMA. Au total, 51 études originales et méta-analyses ont été incluses dans…