L’approche du sujet se veut pragmatique : accompagner les usages, tout en rappelant leurs limites et les risques associés. Avec un message central : l’IA ne peut se substituer à l’avis d’un professionnel de santé.
Ces outils, qui s’inscrivent de plus en plus dans les parcours d’information des patients, note la HAS, permettent d’obtenir rapidement des explications, de reformuler des symptômes ou de préparer une consultation.
Mais, souligne-t-elle, cette apparente facilité d’accès masque des fragilités importantes : « les réponses ne sont pas garanties comme vraies », dans la mesure où elles reposent sur des modèles probabilistes produisant le contenu jugé le plus plausible, et non le plus exact.
La foire aux questions en particulier insiste sur ce point. À la question « les réponses sont-elles fiables ? », la HAS répond sans ambiguïté : seul un professionnel médical peut établir un diagnostic et prescrire un traitement.
Les outils d’IA générative, non responsables juridiquement, ne sont pas conçus pour analyser des situations médicales individuelles et peuvent produire des contenus erronés, voire inventer des sources scientifiques.
Les réponses proposées doivent être considérées comme de simples hypothèses, utiles pour amorcer une réflexion, mais insuffisantes pour orienter une décision thérapeutique.
Effet de « crédibilité artificielle »
L’Autorité insiste également sur la variabilité des réponses. La manière de formuler une question influence directement le résultat : une même demande reformulée différemment peut générer des réponses divergentes.
Cette instabilité, combinée au ton fluide et conversationnel des outils, peut induire un sentiment de confiance trompeur. La HAS met en garde contre cet effet de « crédibilité artificielle » : le caractère convaincant d’une réponse ne constitue en rien une garantie de fiabilité.
Autre point de vigilance majeur : la protection des données personnelles. Les outils d’IA générative grand public sont susceptibles de conserver et de réutiliser les informations saisies pour améliorer leurs modèles.
La HAS rappelle que tous les éditeurs d’IA, principalement américains, ne sont pas soumis au droit européen et que le cadre du RGPD ne couvre pas nécessairement l’ensemble des usages.
La HAS conseille donc à ne jamais partager de données identifiantes, qu’il s’agisse du nom, du numéro de sécurité sociale, ou encore d’informations relatives à des proches ou à des professionnels de santé.
Dans son guide, la Haute autorité promeut un ensemble de « bons réflexes ». Elle recommande notamment de demander systématiquement les sources des informations fournies et de les vérifier, de formuler des questions précises, et surtout de confronter les réponses obtenues à un professionnel de santé. Elle incite explicitement les patients à évoquer leurs recherches avec leur médecin ou leur dentiste : pour valider, nuancer ou écarter les informations issues de l’IA.
Celle-ci ne saurait remplacer l’expertise clinique, fondée sur l’examen, l’interrogatoire et l’analyse contextualisée de chaque situation. « Seuls les professionnels […] auront l’initiative et l’expérience » pour proposer une réponse adaptée, souligne la HAS.
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