Le maillage des CPAM contre le renoncement aux soins

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Les « cellules » de lutte contre le renoncement aux soins sont désormais déployées sur l’ensemble des 101 CPAM de métropole, annonce la CNAM le 6 juillet. Ces cellules, composées de personnels dûment formés (médecins conseils, travailleurs sociaux, professionnels de santé libéraux, personnels des CPAM, tissu associatif) vont repérer dans chaque CPAM les assurés à risque de renoncement et, avec leur accord, leur proposer un accompagnement sur mesure. Car si le renoncement aux soins est lié aux difficultés financières, il est souvent la conséquence d’une méconnaissance des circuits administratifs et médicaux : droits sociaux non connus, complexité des démarches pour obtenir une protection maladie complète, difficulté de savoir à quel spécialiste s’adresser, etc. Les assurés repérés vont donc bénéficier d’un bilan exhaustif de leurs droits et de leur situation administrative pour mieux cerner leurs besoins. Peuvent-ils bénéficier de la CMUC ou de l’ACS, sont-ils avant tout pénalisés par un reste à charge ou par l’avance de frais ? Ont-ils besoin d’obtenir un ou plusieurs devis ? Faut-il mieux identifier un professionnel de santé, réaliser un montage financier ? Etc.
 
D’après la CNAM, ce système d’aide personnalisé fonctionne. « Depuis la première expérimentation (en 2016), 35 433 assurés ont bénéficié de ce dispositif, soit une moyenne de 325 assurés pris en charge chaque semaine en France, se satisfait-elle. Parmi les accompagnements clôturés, près d’un dossier sur deux a abouti à une réalisation des soins, 12 701 assurés ont vu leurs droits ouverts, 6 030 ont été mieux orientés dans le système de soins, 4 480 ont bénéficié d’un accompagnement financier, et 1 392 assurés ont pu bénéficier d’une orientation ». Une enquête de l’assurance maladie, réalisée auprès de 29 000 personnes dans les accueils de dix-huit caisses primaires d’assurance maladie au cours de l’année 2016 (lire Id du 29/3/2017) montrait qu’un quart (26,5 %) de ces assurés disaient avoir renoncé à des soins, notamment les soins dentaires et auditifs, avec des différences notables d’un département à l’autre, s’échelonnant de 33,8 % dans la Drôme à 19,7 % dans le Nord. Le renoncement concerne majoritairement des femmes (58,6 %), des personnes vivant seules (36,6 %) ou les familles monoparentales (17,7 %). La plupart de ces assurés connaissent ou ont connu des parcours instables, des emplois précaires, des expériences administratives vécues comme compliquées.

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