Une première partie de la réponse repose sur le principe de médecine fondée sur les preuves. Introduit par Archibald Cochrane en 1972, ce concept ne fut reconnu comme base d’enseignement médical qu’en 1992, en 1995 pour la dentisterie. Il s’y est généralisé à partir des années 2000. Dans les disciplines médicales où les résultats sont souvent difficiles à anticiper tant les paramètres de succès ou d’échec sont nombreux et versatiles, c’est surtout l’expérience et le sens clinique qui guident la conduite des thérapeutiques. Ils constituent le fondement de l’enseignement des pratiques médicales depuis des siècles. À l’image de la philosophie de Descartes en rupture avec le scolastique, la médecine fondée sur les preuves a donc voulu rationaliser les pratiques en les justifiant par les résultats d’études scientifiques. Pour son volet dentaire, l’Association Dentaire Américaine (ADA) la définit comme un « principe qui consiste à rationaliser et à sécuriser les prises de décisions thérapeutiques et les pratiques en s’appuyant principalement sur les résultats des recherches ou d’études scientifiques, mais en y intégrant aussi l’expérience clinique du praticien, les besoins de traitement du patient et ses préférences ». Ce sont donc principalement les articles publiés dans des revues internationales spécialisées qui constituent la base scientifique de ce concept.
Ces dernières décennies ont aussi connu l’émancipation puis la diversification des offres de formation continue, en particulier avec les espaces illimités de diffusion offerts par les plateformes internet. Désormais, tout le monde ou presque a quelque chose à dire, à partager ou à faire valoir. Pour surnager au-dessus des vagues d’informations continues, les citations d’articles scientifiques sont devenues, grâce à la dentisterie fondée sur les preuves, les sésames censés garantir la haute valeur des contenus des nouveaux…