Dans un rapport publié le 15 mai, à l’approche de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai, l’OMS alerte sur « l’expansion mondiale rapide des sachets de nicotine, qui font l’objet d’un marketing agressif auprès des adolescentes et adolescents et des jeunes ».
Placés entre la gencive et la lèvre, ils délivrent de la nicotine à travers la muqueuse buccale et contiennent, outre cette substance hautement addictive, des arômes, des édulcorants et divers additifs. Selon l’organisation, leurs ventes dans le monde ont dépassé 23 milliards d’unités en 2024, en hausse de plus de 50 % sur un an, pour un marché estimé à près de 7 milliards de dollars en 2025.
L’OMS rappelle que la nicotine est particulièrement nocive pour les jeunes, dont le cerveau est encore en développement. Une exposition précoce peut altérer les capacités d’apprentissage et d’attention, tout en augmentant le risque de dépendance à long terme et de consommation ultérieure d’autres produits nicotiniques ou du tabac.
Ces produits échappent encore largement à la régulation : environ 160 pays ne disposent d’aucun cadre spécifique, tandis que seuls 16 en interdisent la vente et 32 appliquent des restrictions partielles.
Vente interdite en France
En France, l’usage, l’acquisition, la détention et la vente des sachets de nicotine, mais aussi des billes et pastilles de nicotine, sont interdits depuis le 1er avril 2026. En décembre 2025, le Conseil d’État, saisi par des industriels, a pourtant décidé de suspendre temporairement le décret du 6 septembre 2025 instituant cette interdiction. Il a estimé que les fabricants n’avaient pas suffisamment de temps pour s’adapter à cette mesure.
« L’ordonnance ne remet nullement en cause l’interdiction de la vente, rappelle le Comité national contre le tabagisme (CNCT). La suspension prononcée est partielle, provisoire et procédurale, et repose uniquement sur les conditions d’entrée en vigueur du décret, jugées insuffisantes pour permettre à certaines entreprises d’adapter leur activité ». Un verdict définitif est attendu en juin prochain.
L’OMS appelle les Etats à une action urgente, incluant l’interdiction de la publicité, des restrictions sur les arômes, un encadrement strict de la vente et un renforcement des avertissements sanitaires.
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