Traitement d’une dyschromie unitaire chez un patient mineur

  • Par
  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2026 (page 6-12)
Information dentaire
La prise en charge d’une incisive dyschromiée représente un véritable défi thérapeutique, en particulier lorsque l’âge du patient conditionne les indications et les choix cliniques. L’élaboration d’un plan de traitement pertinent repose sur une analyse rigoureuse des données cliniques, biologiques et esthétiques. À travers ce cas clinique, nous proposons une réflexion progressive visant à accompagner le praticien dans son raisonnement décisionnel. Chaque étape du diagnostic est discutée afin d’identifier les éléments clés nécessaires à l’élaboration d’une stratégie thérapeutique adaptée, privilégiant l’approche la plus conservatrice possible. Une attention particulière est portée aux indications de l’éclaircissement dans le traitement des dyschromies unitaires, en abordant le choix de la technique, les conditions de mise en œuvre et les critères indispensables à l’obtention d’un succès clinique prévisible et durable. Ce cas illustre l’importance d’une démarche méthodique, dans laquelle chaque décision s’inscrit dans une logique biologique et minimalement invasive, au service de l’esthétique du sourire.

Cas clinique

Patient de 15 ans qui se présente au cabinet car il est gêné par la couleur de son incisive centrale (21) (fig. 1 et 2).

1. Avez-vous assez d’éléments pour connaître l’étiologie de cette coloration ? Que vous manque-t-il ?

Ici, la couleur rouge violet fait penser à une hémorragie pulpaire secondaire à un trauma [1], une anamnèse précise, un test de vitalité pulpaire et une radio seront nécessaires.

2. Le patient a subi plusieurs chutes, la dernière à la patinoire, il y a 2 ans. Le test de vitalité est négatif. Que cette indication révèle-t-elle ? Que manque-t-il ?

Il s’agit bien d’un trauma. Le trauma est ancien et la dent devrait répondre de manière positive au test de vitalité. Nous ne savons pas à ce moment si une oblitération pulpo-canalaire (OPC) est présente, il nous manque une radio rétro-alvéolaire.

3. Une radio rétro-alvéolaire est prise. Le test de vitalité est négatif sur 21, mais aussi sur 11. Que vous apprend cette radio ? Quel est alors votre plan de traitement ?

Sur cette rétro-alvéolaire, on voit une LIPOE au niveau de 21. Il n’y a pas d’OPC sur 21 pouvant expliquer une perte de sensibilité. Ces deux signes cliniques nous indiquent que la 21 a subi un trauma et que l’hémorragie pulpaire a perduré et évolué vers une nécrose. La coloration est due à l’hémorragie pulpaire, mais aussi aux toxines bactériennes présentes dans la pulpe.

En revanche, la 11 n’a aucun signe radiographique péri-apical, mais une OPC partielle qui explique la perte de sensibilité de la dent.

Le plan de traitement est le suivant : traitement endodontique de 21. Après quoi, il faudra masquer la dyschromie inesthétique de cette dent

En ce qui concerne la 11, l’absence de signes cliniques justifie une simple mise sous surveillance [2].

4. Quelles sont les précautions à prendre lors du traitement canalaire de la dent…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Les biomatériaux en traumatologie

Les usages et donc les connaissances en biomatériaux sous-tendent la plupart de nos actes en omnipratique, comme en odontologie pédiatrique....
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés MIH sévère et érosion-infiltration en denture mixte

Situation clinique initiale Une enfant de 11 ans consulte accompagnée de ses parents pour un motif esthétique : elle exprime une...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Bridge collé cantilever postérieur : Optimisation clinique des facteurs défavorables, paramètres biomécaniques avancés et futur envisageable à partir de l’analyse d’un cas clinique

Les bridges collés cantilevers postérieurs apparaissent actuellement comme une thérapeutique prometteuse, en plein essor mais également toujours en cours d’évaluation...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés À l’occasion de l’interdiction du cobalt-chrome en odontologie : la biocompatibilité en odontologie
(partie 2, clinique)

« Il faut toujours prendre le maximum de risques avec le maximum de précautions. » Rudyard Kipling Première partie de...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Classification clinique et modulaire des résines composites : la comprendre par l’image

Au cours des dernières années, la dentisterie restauratrice a connu une évolution marquée vers la simplification des procédures cliniques et...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Les colles universelles : comment classer cette colle aujourd’hui ? Est-ce le gold-standard de demain ?

Les colles ou résines de collage ont joué un rôle déterminant dans le passage d’une dentisterie fondée sur des principes...