Agénésie de l’incisive latérale et sourire gingival : importance de la coordination parodontale et prothétique pour optimiser l’intégration esthétique

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°35 - 14 octobre 2026 (page 20-27)
Information dentaire
L'agénésie de l'incisive latérale maxillaire permanente est la deuxième localisation la plus fréquente et présente une prévalence estimée entre 1,55 à 1,78 % dans la population [1] (IC 95 %). Sa réhabilitation représente un défi esthétique majeur : l’os maxillaire est marqué par un déficit de croissance et une agénésie unilatérale entraîne une déviation des milieux inter-incisifs encore plus marquée que dans le cas d’agénésies bilatérales [2]. Ainsi, la réussite de la thérapeutique ne dépend pas uniquement du choix de la restauration prothétique : la gestion préalable des tissus mous conditionne largement l’intégration finale.

Le cas clinique proposé dans cet article illustre une approche conservatrice témoignant de l’importance de l’aménagement parodontal pré-prothétique pour obtenir une intégration esthétique harmonieuse d’un bridge cantilever mono-ailette collé et d’une facette chez une jeune patiente avec une ligne du sourire très haute.

Cas clinique

Situation initiale

Une patiente âgée de 18 ans se présente en consultation à la suite de la fin de son traitement orthodontique. Elle n’a aucun antécédent, aucune prise de traitement, aucune allergie et aucune addiction. Elle est adressée pour une réhabilitation liée à l’agénésie de la dent 12 et à la microdontie de la dent 22.

L’examen exobuccal (fig. 1) révèle un profil plus concave (côté droit), lié à un affaissement du sillon nasogénien droit et une lèvre moins soutenue [3]. La patiente présente un sourire de classe I selon Liébart, (ligne de sourire très haute correspondant à un sourire qui découvre un bandeau continu de gencive de 3 mm ou plus de hauteur) [4].

L’examen endobuccal (fig. 2) montre des espaces mésio-distaux différents pour les dents 12 et 22, avec respectivement une largeur mésio-distale de 5,5 mm et 8 mm ; la moyenne pour une incisive latérale étant de 6 à 7 mm. Un défaut osseux concave visible lors du sourire en 12 et un articulé serré (peu de place en termes d’espace d’occlusion) sont également notés.

Entre 18 et 50 ans, les femmes possèdent un potentiel de croissance du complexe alvéolo-dentaire maxillaire d’environ 1,8 mm. Il est primordial de le prendre en compte lors du choix de la thérapeutique (bridge collé cantilever versus implant) : certains patients présenteront une infraclusie antérieure au long terme en cas d’option pour des solutions implantaires dans le secteur antérieur [5]. Ainsi, en respectant le principe de gradient thérapeutique [6] et compte tenu des espaces…

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