Amyotrophie et déviation linguale

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°7 - 24 février 2021
Information dentaire
La langue est constituée de 8 muscles pairs et d’un muscle impair, innervés sur le plan moteur par le nerf grand hypoglosse (XII), à l’exception du muscle palato-glosse et du muscle stylo-glosse innervés par le nerf glossopharyngien (IX). Une modification de la musculature linguale ou de l’innervation motrice peut être à l’origine de diagnostics divers orientant vers une pathologie loco-régionale ou générale.

Cas 1

Motif de la consultation

Patiente de 75 ans, hypertendue, consultant pour des brûlures para-pharyngées et mandibulaires postérieures gauches.

Histoire de la maladie

• La patiente, traitée par amlodipine pour une hypertension artérielle, a été adressée pour diagnostic et prise en charge de paresthésies para-pharyngées associées à une anesthésie de la langue, secondaires à l’avulsion de 37. La patiente a consulté plusieurs praticiens ORL, chirurgiens maxillo-faciaux et chirurgiens-dentistes sans résultat.

Interrogatoire

• Il révélait le caractère permanent des douleurs, sans pic paroxystique ni facteur déclenchant. La patiente insistait fortement sur le caractère concomitant de l’apparition des douleurs en lien avec son avulsion dentaire.

Examen clinique

• En protraction, on observait une déviation à droite de la langue et un aspect hypotrophié à gauche. La palpation de la partie postéro-latérale gauche révélait une masse indurée.

Examen paraclinique

• Une IRM avait été prescrite par un confrère ORL, mais elle n’était pas interprétable du fait d’artefacts liés à des restaurations dentaires.

Compte tenu de l’induration perçue à la palpation, une biopsie a été réalisée. Elle a révélé un carcinome adénoïde kystique.

Synthèse

• L’interrogatoire était évocateur d’une douleur neuropathique d’origine traumatique. En revanche, le tableau clinique associant une déviation linguale et un aspect d’amyotrophie n’était pas en faveur d’une banale douleur neuropathique post-traumatique.

La déviation de la langue peut être secondaire à une paralysie du nerf moteur grand hypoglosse : dans ce cas, elle est associée à une amyotrophie homolatérale. Dans le cas présenté, la langue était déviée du côté opposé à l’amyotrophie et la patiente pouvait mobiliser sa langue à droite et à gauche. Il n’y avait donc pas d’atteinte motrice. La palpation…

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