Anorexie mentale et érosion dentaire : l’orthodontiste au cœur du dépistage

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°3 - 15 juin 2020 (page 52-55)

Fig. 1 - Sialomégalie des parotides observée chez une patiente adulte anorexique [4].

Information dentaire
L’anorexie mentale est une pathologie psychiatrique grave de plus en plus fréquente dans la population des pays industrialisés, notamment chez les adolescent(e)s et les jeunes adultes. L’orthodontiste étant le professionnel de santé le plus fréquemment consulté par les adolescents (toutes les six semaines, pendant plusieurs années), il se trouve en première ligne pour dépister cette pathologie.

Outre les adolescents et jeunes adultes, davantage touchés par l’anorexie mentale, nos cabinets reçoivent un nombre non négligeable de patients adultes attentifs à leur apparence jusqu’à l’obsession : l’orthodontiste devra également se montrer vigilant, un décalage manifeste entre la réalité et la perception du patient pouvant évoquer la dysmorphophobie.

Une fois le dépistage réalisé et parallèlement à une prise en charge pluridisciplinaire, l’orthodontiste pourra proposer des conseils et des dispositifs préventifs pour limiter la destruction des tissus buccaux causée par l’érosion.

L’anorexie mentale, une pathologie mortelle de l’adolescent(e)

L’anorexie mentale constitue un des troubles du comportement alimentaire (TCA), et est considérée psychopathologiquement comme une conduite addictive. Elle touche moins de 0,5 % des jeunes filles de 12 à 20 ans dans sa forme pure, mais près de 1 % dans sa forme mixte avec crises boulimiques. On retrouve par ailleurs 1 garçon pour 10 filles atteint [1].

Le diagnostic est effectué par le médecin, qui retrouve cliniquement la « triade » en « A » (classification CIM-10) : sitiophobie (phobie de la nourriture), improprement nommée ici anorexie (perte d’appétit), se traduisant par une peur des aliments qui « font grossir », et des comportements visant la perte de poids (vomissements provoqués, hyperactivité physique, laxatifs…) ; amaigrissement (diminution du poids importante, d’au moins 15 % /poids initial) ; déséquilibre endocrinien, se traduisant par une aménorrhée (aléatoire, retrouvée dans la moitié des cas environ), ou une impuissance/désintérêt sexuel chez le garçon.

Les deux autres TCA sont :

– la boulimie, caractérisée par des « crises » (épisodes hyperphagiques avec sensation de perte de contrôle), réitérées et accompagnées de comportement compensatoire (vomissements, jeûnes…). Elle touche souvent des jeunes filles de 18-20…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

ODF

Article réservé à nos abonnés Usures dentaires et orthodontie

Les articles de ce numéro spécial nous informent sur les différents mécanismes de l’usure coronaire. Il s’agit dans cet article...
ODF

Article réservé à nos abonnés L’hypersensibilité dentinaire : n’y restons pas insensibles

Le caractère régulier des visites lors d’un traitement d’orthodontie nous met au premier plan pour gérer les doléances des patients...
ODF

Article réservé à nos abonnés Les 4 points clés du collage dentinaire

Le collage sur l’émail n’a plus de secret en orthodontie, mais ce n’est pas le cas du collage sur la...
ODF Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Apport de l’orthodontie au traitement d’usures érosives antéro-maxillaires liées à un reflux gastro-œsophagien

Le diagnostic n’est pas toujours fait et les patients ne le savent pas toujours. Parfois, des signes associés (toux chronique,...
Imagerie ODF

Article réservé à nos abonnés L’examen de nos clichés radiographiques

Difficile de se borner à la partie sous-nasale qui nous concerne. Et pourtant, focalisés sur la recherche d’éléments diagnostiques essentiels...
ODF

Article réservé à nos abonnés « Docteur, j’arrête tout ! »

Présentation du cas clinique Madame L., 40 ans, en traitement multi-attache lingual depuis six mois dans un protocole ortho-chirurgical, m’annonce...