Les bridges collés cantilevers postérieurs apparaissent actuellement comme une thérapeutique prometteuse, en plein essor mais également toujours en cours d’évaluation scientifique, tant au niveau de ses indications que de sa longévité au long cours tant le plan in vitro qu’au niveau des études cliniques [1-3].
Dans des contextes favorables, la science n’est cependant pas absente et les données expérimentales et cliniques apparaissent favorables à moyen terme tant que la dent remplacée présente un diamètre mésio-distal cohérent avec celui de la dent support, en absence de problème parodontal et occlusal, et tant que les procédures de préparation amélaires, de collage, d’assemblage et de réalisation au laboratoire sont également favorables [4-7]. En effet, les études cliniques les plus abouties montrent d’excellents taux de survie à 53 ± 39 mois [5], sans aucun décollement. Récemment, les premières recommandations ainsi que le temps par temps clinique ont été publiés à l’international. Ces dernières visent à pouvoir appliquer de manière reproductible et fiable selon les données actuelles cette thérapeutique [1, 2].
Afin d’évaluer la potentielle extension des indications de cette thérapeutique, notre équipe s’intéresse désormais à évaluer au laboratoire et cliniquement des situations plus défavorables incluant le remplacement de dents avec un diamètre mésio-distal supérieur à la dent support, avec absence de points de contact avec la dent adjacente bordant l’édentement ou en présence de perte de substances amélaires importantes. À partir de la description d’un cas « extrême » en cours d’évaluation, cet article a pour objectif d’apporter des éléments de réflexion sur la prise en charge des situations cliniques complexes et d’illustrer la démarche de raisonnement clinique fondée sur l’optimisation des paramètres cliniques favorables, rendue possible par une compréhension…