La cavité d’accès ninja (NEC, Ninja Endodontic Cavity) est l’une des approches les plus poussées de l’endodontie minimalement invasive. Issue du mouvement de conservation dentinaire initié en 2010, elle limite la cavité d’accès à un point d’entrée extrêmement restreint, centré sur le sillon central, afin de préserver au maximum les tissus coronaires.
La préservation tissulaire est un objectif clinique légitime. L’analyse critique des données disponibles fait cependant apparaître plusieurs limites potentielles : diminution du taux de détection des canaux, réduction de l’efficacité de la désinfection canalaire, augmentation des contraintes mécaniques et de la fatigue instrumentale, risque iatrogène accru, ainsi qu’un manque de données cliniques prospectives à long terme.
Cette revue critique de la littérature évalue les bénéfices et les limites de la NEC et discute de sa place réelle dans la pratique endodontique contemporaine.
En 2010, David Clark et John Khademi centrent le débat sur la conception des cavités d’accès dans les Dental Clinics of North America [1, 2]. Selon leur hypothèse, la cavité traditionnelle serait « fondamentalement défaillante », car elle entraînerait une perte excessive de dentine péri-cervicale (DPC), jugée déterminante pour la survie des dents dépulpées. L’idée a rapidement rencontré un large écho, favorisé par la diffusion de cas cliniques sur les réseaux sociaux ; une enquête menée auprès de dentistes turcs suggère que ces réseaux sont devenus une source d’influence notable de la pratique endodontique [3]. Elle a aussi suscité une abondante production scientifique, essentiellement expérimentale : aucune des 25 études les plus citées sur le sujet n’est un essai clinique [4]. Comme le soulignent Silvaet al.[5], le niveau de preuve qui soutient ces propositions reste toutefois faible et incomplet. Plus de quinze ans plus tard, la littérature s’est…