Chirurgie orthognathique précoce dans le traitement de la malocclusion squelettique de Classe III chez le patient en croissance : à propos d’un cas clinique

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  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°3 - 15 juin 2026 (page 96-103)
Information dentaire

La détermination du moment idéal pour réaliser une chirurgie orthognathique chez des patients présentant une malocclusion squelettique de Classe III encore en croissance constitue un défi clinique majeur. Durant la puberté, les déformations dento–faciales tendent à devenir plus évidentes et à s’aggraver progressivement [1], compromettant potentiellement non seulement l’esthétique faciale, mais également des fonctions essentielles telles que la mastication, la déglutition, la ventilation et la phonation [2]. Ces altérations affectent directement la qualité de vie et le bien-être psychosocial du patient [2]. Dans cette perspective, une chirurgie orthognathique précoce peut être envisagée pour certains cas sélectionnés [3]. Cependant, la possibilité d’une croissance résiduelle après l’intervention, avec un risque d’instabilité des résultats et une éventuelle nécessité de reprise chirurgicale, continue de susciter des réserves parmi les cliniciens [4, 5].

Le présent article rapporte et discute le cas d’un patient âgé de 14 ans présentant une malocclusion squelettique de Classe III traitée par chirurgie orthognathique précoce, en mettant en évidence ses bénéfices fonctionnels et psychosociaux potentiels, ainsi que les limites inhérentes à cette approche thérapeutique.

État clinique

Un patient âgé de 14 ans, en phase de pic pubertaire de croissance (fig. 1), présentait un schéma facial compatible avec une malocclusion squelettique de Classe III, caractérisée par un profil concave, une projection mandibulaire marquée et une insuffisance du massif médiofacial. L’examen intra-oral révélait des relations molaires et canines bilatérales de Classe III, une occlusion antérieure inversée, un surplomb horizontal de -6 mm, une courbe de Spee accentuée, une ligne médiane dentaire maxillaire coïncidant avec la ligne médiane faciale et une ligne médiane mandibulaire déviée de 0,5 mm vers la droite…

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