Face à ce constat, la communication constitue un élément essentiel de la faisabilité, de la programmation et de la sécurité des soins. Il arrive toutefois que la relation entre le patient et le praticien soit profondément modifiée par l’évolution des pathologies neurodégénératives, qui peuvent altérer les capacités de compréhension et d’expression. Dans un environnement de soins parfois difficile à appréhender (bruits d’aspiration, éclairage opératoire, port du masque) et lorsque le patient n’est plus capable de verbaliser sa douleur ou son inconfort, l’anxiété peut se manifester par un refus de soin ou une opposition physique (fermeture de la bouche, mouvements de recul, morsure) [1, 4]. La prise en charge nécessite alors une approche relationnelle adaptée, fondée notamment sur la communication non verbale et une gestion attentive des distances interpersonnelles (proxémie) [2, 4].
Ces difficultés ne se limitent toutefois pas à la relation au fauteuil. Une communication insuffisante entre les différents acteurs du parcours de soins peut également compromettre la réalisation et la sécurité des soins. Chez les patients en perte d’autonomie, la qualité des informations transmises par la structure d’hébergement et l’entourage est également essentielle à l’évaluation des besoins et à la planification des différentes étapes de la prise en charge [5]. Les difficultés de communication en milieu de soins sont notamment associées à un risque accru d’événements indésirables ou de complications [6].
Le cabinet dentaire s’inscrit ainsi au sein d’un réseau coordonné, dans lequel la prise en charge repose sur trois dimensions complémentaires : une approche relationnelle spécifique au fauteuil, une interface clinique descendante et ascendante standardisée avec les aidants, et l’exploitation médico-légale des outils numériques de partage de données.