Ces dernières décennies, la prothèse dentaire a progressivement intégré le numérique, notamment via l’empreinte optique et la conception-fabrication assistées par ordinateur (CFAO) [1]. Désormais courantes en cabinet et laboratoire, ces pratiques bénéficient de l’essor récent de l’intelligence artificielle (IA), qui promet d’élargir encore ce potentiel.
En effet, l’IA est déjà incontournable en prothèse et ses applications se multiplient rapidement. Elle permet d’optimiser les empreintes, de définir la limite marginale, de proposer des morphologies occlusales adaptées [2, 3], voire d’automatiser la réalisation de châssis amovibles [4] ou d’évaluer les risques de descellement de couronnes [5]. Mais l’IA a également le potentiel d’améliorer l’ensemble du parcours prothétique du patient, y compris les étapes de diagnostic ou d’évaluation du pronostic. Face à ces avancées rapides, les cadres éthique et réglementaire ont tardé à se dessiner, mais le Règlement Européen n°2024-1689 (RIA) apporte désormais un certain nombre de recommandations [6].
Si l’avenir de l’IA en odontologie apparaît prometteur, la manière dont elle s’intégrera à la pratique clinique est encore floue pour les futurs praticiens [7]. L’étude de Yilmaz et al. a rapporté un certain optimisme de la part des étudiants turcs quant à son intégration [7]. Cependant, ces étudiants admettaient une appréhension quant à son usage et regrettaient un manque de préparation lors de leur cursus de formation [7]. Cette étude se gardait toutefois de généraliser ces résultats aux institutions occidentales.
Nous avons formulé l’hypothèse que les étudiants bordelais partageaient ces perceptions, c’est-à-dire qu’ils considéraient l’IA comme une aide, avec une adoption freinée par le manque de formation. L’objectif de notre étude était donc d’évaluer leurs connaissances et perceptions concernant l’utilisation de l’IA…