Doit-on systématiquement éliminer un instrument fracturé ?

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°23 - 12 juin 2019 (page 26-27)
Information dentaire
Fracturer un instrument dans un canal au moment d’un traitement endodontique est particulièrement frustrant… En effet, la présence de ce fragment est immédiatement associée à la notion d’échec. Est-ce vraiment le cas ? Doit-on systématiquement chercher à l’éliminer ?

Erreur technique ne rime pas toujours avec échec

En 2001, Jose Siqueria [1] publiait dans l’un de ses articles une remarque pleine de bon sens. Pour résumer, il rappelait que le clinicien est souvent trompé par l’idée que les erreurs techniques, telles que les instruments fracturés, les perforations ou encore la surobturation sont la cause directe d’un échec endodontique.

Or, dans la plupart des cas, les erreurs de procédure ne compromettent pas directement le pronostic du traitement endodontique, à moins qu’une infection concomitante ne soit présente. L’erreur technique empêche ou rend impossible la désinfection canalaire. C’est en cela qu’elle peut conduire à l’échec. De façon indirecte.

En considérant les choses de cette façon, un échec est au final toujours associé à un seul facteur : le non-­respect des objectifs biologiques à atteindre ; l’impossibilité d’obtenir une désinfection satisfaisant d’un canal.

En présence d’une perforation, si elle peut être obturée dans de bonnes conditions, le traitement conduira à un succès clinique. Certes, il est possible que la dent soit mécaniquement affaiblie, mais le simple fait d’obturer cette communication existante et d’origine iatrogène suffit à remettre la dent dans un contexte biologique favorable à la préservation de la santé osseuse ou à sa réparation.

C’est exactement la même chose avec un fragment d’instrument laissé dans un canal. Sa seule présence n’est pas la cause directe d’un échec potentiel. En revanche, en se comportant comme un obstacle, il empêche le praticien d’accéder à la partie apicale du canal afin de le désinfecter correctement et donc d’atteindre les objectifs attendus.
Alors, doit-on systématiquement tenter d’éliminer le fragment d’instrument ? Je ne le pense pas.

Objectif : accéder au tiers apical du canal

Notre seul objectif est de pouvoir accéder au tiers apical du canal. Tous les…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Endodontie

Article réservé à nos abonnés Ingénierie tissulaire en endodontie

Les progrès de la biologie, associés à une meilleure compréhension des phénomènes inflammatoires et cicatriciels, ont remis au goût du...
Endodontie

Article réservé à nos abonnés Coiffage pulpaire direct, pulpotomie, pulpectomie : où en sommes-nous en 2020 ?

Les stratégies thérapeutiques contemporaines fondées sur la préservation tissulaire ont permis une nouvelle émergence des thérapeutiques de préservation de la...
Endodontie

Article réservé à nos abonnés Les biocéramiques : une évolution pour l’obturation canalaire ?

Connus depuis le milieu des années 1990 en endodontie [1-3], les biocéramiques continuent de trouver de nouvelles applications. Alors qu’ils...
Endodontie

Article réservé à nos abonnés Traitement thermique des instruments endodontiques en nickel-titane : quel apport pour les praticiens ?

L’utilisation mécanisée des limes endodontiques en nickel-titane (NiTi), à la place des limes manuelles en acier, a profondément changé la...
Endodontie

Article réservé à nos abonnés Irradiation directe des parois canalaires vs irrigation activée par laser

Le taux de succès du traitement endodontique est estimé autour de 85 % [1-4]. La principale cause d’échec est la persistance...
Endodontie

Article réservé à nos abonnés La cavité d’accès a minima

La perte de substance tissulaire de l’organe dentaire, qu’elle soit d’origine carieuse, traumatique ou consécutive à une thérapeutique de préparation...