Effet des concentrés plaquettaires riches en fibrine (L-PRF) dans le traitement des lésions parodontales infra-osseuses : revue systématique

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2021 (page 12-19)
Information dentaire
Les parodontites entraînent la destruction des tissus de soutien dentaire et peuvent se traduire par des défauts osseux « angulaires » appelés lésions infra-osseuses (LIO). Parmi les techniques chirurgicales pour traiter ces LIO, les plus efficaces sont les approches dites régénératrices basées sur l’utilisation de biomatériaux pour le comblement du défaut osseux. Les concentrés plaquettaires, notamment le Leucocyte and Platelet-Rich Fibrin (L-PRF), sont riches en facteurs de croissance qui pourraient favoriser la régénération parodontale mais leur bénéfice clinique reste controversé.
Cette revue systématique évalue l’effet du L-PRF comme adjuvant pour le traitement des LIO. 12 essais contrôlés randomisés portant sur le traitement de LIO à 2 ou 3 parois résiduelles, avec un suivi de six mois minimum ont été étudiés. Les données cliniques et radiologiques ainsi que le niveau de biais ont été évalués. Les principales variables étudiées étaient la réduction de poche parodontale, le gain d’attache et le comblement osseux radiologique. Le L-PRF, comme adjuvant, semble améliorer le gain osseux par rapport aux substituts osseux ou au lambeau d’assainissement seul de 0,15 à 2,31 mm environ. Cependant, les études présentent une forte hétérogénéité et un niveau de biais incertain à élevé. Le niveau de preuve de l’intérêt du L-PRF comme adjuvant pour le traitement chirurgical des LIO demeure faible.

Les parodontites se traduisent par des pertes d’attaches irréversibles et une destruction progressive des tissus de soutien de la dent qui peut aboutir à la formation de défauts osseux verticaux appelés lésions infra-osseuses (LIO) [1]. Ces défauts infra-osseux sont considérés comme des signes de sévérité. Ils sont fréquemment associés à la persistance de poches parodontales profondes après thérapeutique étiologique, qui augmente le risque de progression de la maladie au niveau du site et le risque de perte dentaire [2].

Les principaux objectifs du traitement parodontal sont l’élimination de l’infection et la résolution de l’inflammation pour arrêter la progression de la maladie et limiter le risque de récidive. Les critères cliniques de succès communément admis sont l’absence de saignement au sondage (BOP < 10 %) et l’absence de poches de plus de 4 mm de profondeur (PPD ≤ 4 mm) [3].

Des traitements complémentaires, notamment chirurgicaux, ont été proposés pour améliorer le résultat du traitement parodontal dans les LIO. Historiquement, le lambeau d’accès associé à un débridement parodontal (open flap debridment, OFD) a été proposé pour améliorer la cicatrisation de ce type de défauts. Les résultats cliniques obtenus sont globalement supérieurs au traitement non chirurgical en termes de réduction de la profondeur de poche, mais restent limités en termes de gain osseux [4].

Le recours aux chirurgies régénératives permet d’induire un gain osseux significatif ainsi que la régénération de tout le système d’attache de la dent. Si ces techniques sont indiquées pour le traitement des lésions infra-osseuses, le choix de la technique à employer dépend de la configuration du défaut (nombre de parois osseuses restantes, largeur, profondeur et étendue du défaut). Le potentiel de cicatrisation du défaut infra-osseux découle de sa configuration [5].

Le comblement de la lésion par des biomatériaux…

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