La zircone occupe une place centrale dans les thérapeutiques restauratrices contemporaines. L’amélioration progressive de ses propriétés mécaniques, biologiques et optiques a considérablement élargi ses indications cliniques, depuis les restaurations postérieures conventionnelles jusqu’aux restaurations adhésives minimalement invasives et aux réhabilitations implantaires [1-2]. Dans ce contexte, la fiabilité des procédures de collage est devenue un enjeu majeur pour assurer la pérennité biologique et mécanique des restaurations.
Contrairement aux céramiques vitreuses, la zircone polycristalline ne peut être mordancée à l’acide fluorhydrique en raison de l’absence de phase vitreuse. L’adhésion repose ainsi principalement sur une interaction physicochimique entre les oxydes métalliques de surface et les monomères fonctionnels phosphatés, notamment le 10-méthacryloyloxydecyl dihydrogène phosphate (10-MDP). La qualité de cette interaction conditionne directement la stabilité de l’interface adhésive et la durabilité clinique des restaurations collées [3].
Cependant, cette interface particulièrement sensible peut être rapidement altérée lors des étapes cliniques d’essayage. Au contact de l’environnement buccal, la surface interne de la zircone est exposée à de nombreux contaminants biologiques : salive, protéines, phospholipides, sang ou fluides sulculaires. Plusieurs travaux ont montré que ces contaminants, et plus particulièrement les groupements phosphatés salivaires, présentent une forte affinité pour les oxydes métalliques de surface de la zircone. Leur adsorption entraîne une compétition directe avec les monomères MDP des systèmes adhésifs. Cette compétition moléculaire explique la diminution persistante des forces d’adhésion même après des protocoles de nettoyage conventionnels [4-6].
De nombreuses méthodes de décontamination ont été proposées (rinçage, solvants, agents oxydants, sablage…