Pour le chirurgien-dentiste, l’enjeu n’est plus seulement de « transmettre une information scientifiquement juste ». Il devient aussi d’aider le patient à se repérer dans cet environnement informationnel.
Fake news, mésinformation, désinformation : choisissons les bons mots
Le terme « fake news » est pratique et largement utilisé, mais scientifiquement imprécis. Les « fake news », ou fausses nouvelles, désignent au sens strict des contenus présentés sous la forme d’informations journalistiques, intentionnellement faux et susceptibles d’induire en erreur [1], mais toutes les informations problématiques rencontrées en ligne ne relèvent pas du même phénomène. L’expression « fake news », devenue polysémique, ne suffit pas à rendre compte de la diversité des mécanismes en jeu ; en 2017, Wardle et Derakhshan proposent ainsi de lui substituer le concept plus large de « désordre informationnel », distinguant mésinformation, désinformation et malinformation [2] (fig. 1).
La « mésinformation » (misinformation) correspond à la diffusion d’une information fausse ou inexacte sans intention nécessaire de tromper (une personne peut ainsi partager de bonne foi une information qu’elle croit vraie), alors que la « désinformation » (disinformation) implique au contraire une intention dans laquelle le contenu faux ou manipulé est produit ou diffusé en connaissance de cause afin de tromper ou d’influencer. La différence repose donc moins sur la fausseté du contenu que sur l’intention de celui qui le produit ou le diffuse.
Enfin, une « information de mauvaise qualité » n’est pas nécessairement fausse. Un contenu peut être incomplet, excessivement simplifié, présenter les bénéfices d’un traitement sans ses risques ou reposer sur des sources fragiles sans relever pour autant de la désinformation.
La santé orale est-elle réellement concernée par le désordre informationnel ?
Oui !…
