Fusion dentaire : la réflexion biomimétique au cœur de la décision thérapeutique

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°2 - 15 octobre 2026 (page 24-29)
Information dentaire
Il arrive dans nos cabinets que l'on soit confronté à des situations cliniques rares, sans consensus clair en termes de prise en charge, ce qui les rend particulièrement complexes à traiter, d’autant plus lorsque le patient est jeune et que les enjeux sont majeurs pour son développement physique et psychologique. La dentisterie contemporaine, forte de plusieurs décennies d’évolution dans l’ensemble de ses disciplines, ainsi que le développement constant de nouvelles techniques et de nouveaux biomatériaux nous offrent aujourd’hui de nombreuses solutions combinables afin de tendre vers un idéal thérapeutique. Cet article décrit la prise en charge d’un jeune patient présentant une anomalie dentaire du développement, depuis la réflexion ayant conduit aux décisions thérapeutiques jusqu’à la réalisation clinique.

Examen et diagnostic

Le patient, âgé de 11 ans, a été adressé par son orthodontiste afin d’établir un plan de traitement pluridisciplinaire.

Dès l’examen visuel initial, le tableau clinique apparaît complexe (fig. 1a et 1b). L’examen clinique et radiologique complet met en évidence deux anomalies.

La première est une anomalie dentaire du développement correspondant dans ce cas à une fusion entre la dent 21 et une incisive surnuméraire, que nous nommerons la dent 21bis, avec des conséquences esthétiques évidentes sur le sourire. Le CBCT permet d’analyser précisément l’anatomie radiculaire et la configuration pulpaire de cette dent fusionnée (fig. 2a). La racine est bifide, avec une furcation située environ 5 mm sous le niveau crestal et à 8 mm des apex. Chaque racine comporte un canal unique, immature et central, présentant une communication au-dessus du sommet de la crête osseuse, sous la jonction amélo-cémentaire.

Cette configuration, avec deux racines, deux chambres pulpaires et deux canaux distincts, oriente le diagnostic vers une fusion avec une dent surnuméraire plutôt que vers une gémination. Cette dernière est classiquement définie comme une tentative incomplète de division d’un germe dentaire unique, se traduisant par une couronne partiellement dédoublée associée le plus souvent à une racine et un canal unique [1, 2]. Néanmoins, la distinction entre fusion et gémination demeure discutable et ne permet pas toujours d’affirmer un diagnostic avec certitude.

La seconde anomalie est la présence d’une dent 22 ectopique. Celle-ci est située en position palatine et en occlusion inversée, entre les dents 21 et 23. Sa morphologie et ses dimensions sont harmonieuses, elle présente une racine unique, normale et saine (fig. 2b).

Réflexion sur le plan de traitement

À ce stade, l’élaboration du plan de traitement s’inscrit nécessairement dans une approche pluridisciplinaire.

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