Une patiente, âgée de 27 ans, sans antécédents médicaux notables, originaire de l’Est algérien, a été adressée au service de parodontologie du CHU Mustapha Pacha Alger pour un accroissement gingival récidivant, accompagné de gingivorragies et d’une halitose importante. L’examen clinique mettait en évidence une hypertrophie gingivale diffuse, à prédominance antérieure, avec une coloration rouge-violacée et un saignement au moindre contact (fig. 1).
Une gingivectomie avait été tentée deux mois auparavant par un omnipraticien, sans succès, avec récidive rapide.
L’examen histologique initial concluait à un processus inflammatoire chronique non spécifique.
La patiente ne rapportait pas de prise médicamenteuse prolongée, ni de pathologie systémique connue. Un premier bilan biologique, incluant sérologies VIH, VHB, VHC, IDR tuberculinique, numération formule sanguine et protéine C-réactive, ne révélait aucune anomalie [4].
Un traitement local à base de bains de bouche antiseptiques (chlorhexidine 0,2 %, bicarbonate de sodium, antifongique local) a été instauré. Un mois plus tard, l’aspect gingival était partiellement amélioré, ce qui a permis de réaliser plusieurs biopsies ciblées (fig. 2).
L’analyse histologique a mis en évidence des foyers de nécrose, une inflammation granulomateuse et une vascularite, compatibles avec une granulomatose avec polyangéite (anciennement maladie de Wegener).
L’examen histopathologique détaillé des prélèvements gingivaux a montré une muqueuse malpighienne reposant sur un chorion inflammatoire, siège de granulomes épithélioïdes et giganto-cellulaires, associés à des lésions de vascularite nécrosante, sans nécrose caséeuse (encadré ci-contre et fig. 3).
COMPTE RENDU ANATOMO-PATHOLOGIQUE
Microscopie
L’analyse de l’ensemble des fragments biopsiques examinés objective une…





