Il y a noir et noir !

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire
Classiquement, toute macule ou papule cutanée noirâtre doit faire évoquer un mélanome mais, avec l’expérience clinique, bon nombre de dermatologues font plutôt appel à un processus de reconnaissance globale de type intuitif qui prend en compte différents éléments dont les critères de malignité A (asymétrie), B (bords irréguliers), C (couleur inhomogène), D (diamètre en surface supérieur à 6 mm) et E (extension en surface ou évolutivité). Toutefois, la gravité du mélanome et l’aggravation du pronostic au cours de l’évolution sont à l’origine d’une attitude quasi obsessionnelle : « Il faut toujours y penser. »

CAS 1

 
Motif de la consultation. Patient de 42 ans, inquiet après la découverte d’une macule gingivale vestibulaire noirâtre.

Histoire de la maladie. Ce patient, qui est médecin interniste, a observé fortuitement cette macule noirâtre et sa couleur lui fait suspecter un mélanome.

Interrogatoire. Le patient était en bonne santé et ne prenait donc aucun médicament. Sa denture permanente ne comportait aucun soin et il n’avait pas le souvenir d’avoir eu des soins sur sa denture lactéale. De même, il n’avait pas le souvenir d’une lésion traumatique dans cette région.

Examen clinique. On observait une macule noirâtre, à surface plane, arrondie, de 5 mm de diamètre, à limites nettes, qui siégeait à cheval sur la gencive attachée et la gencive libre, à hauteur de la dent 33. Les limites étaient nettes et régulières, et la teinte presque homogène. Il n’y avait pas d’autre lésion cutanéo-muqueuse.
Examen paraclinique. La macule était revêtue par un épithélium malpighien discrètement parakératinisé, qui était en grande partie atrophique, avec une basale rectiligne. Dans la zone atrophique, l’épithélium était souligné par un infiltrat inflammatoire lymphocytaire collant à la basale et présentait quelques foyers d’exocytose avec une discrète vacuolisation et quelques corps hyalins, donc un aspect lichénoïde. Dans la profondeur du chorion, on notait la présence de deux volumineux nodules lymphoïdes où les lymphocytes avaient parfois un noyau anguleux et un arrangement tourbillonnant. Sur toute la largeur du prélèvement, dans le chorion épaissi, on notait la présence de corps étrangers noirâtres disposés tantôt en amas, tantôt éparpillés sous forme de minuscules granules qui tendaient à se disposer à la surface des fibres collagènes et sur la basale autour des vaisseaux à la manière de l’amalgame.

Synthèse. Devant toute lésion cutanée noirâtre, on doit éliminer systématiquement un mélanome. Pour…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique

Thèmes abordés