L’éclaircissement interne de la dent dépulpée dyschromiée : quel substitut au perborate de sodium ?

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°2 - 15 octobre 2018 (page 50-57)

Figures 1 à 3. 1. Jeune fille de 15 ans, en cours de traitement d’orthodontie (Dr Estelle Debarre), ayant subi un traumatisme qui a entraîné une dyschromie de 21. Photo à l’échelle du visage. 2. À l’échelle du sourire, on note une perte de hauteur coronaire et la présence d’un petit composite coloré au niveau du bord libre. 3. À l’échelle dento-gingivale, on note une hygiène perfectible de la patiente. Les parents sont bien informés de la réglementation des éclaircissements pour les mineurs et ils acceptent le traitement.

Information dentaire
Face à la croissance de la demande des patients en esthétique [1], l’éclaircissement dentaire interne prend une place de plus en plus grande dans notre arsenal thérapeutique. Cela s’explique par la préservation dentaire maximale que cette solution apporte par rapport à la réalisation de facettes ou de couronnes dentaires : elle entre ainsi parfaitement dans l’esprit du gradient thérapeutique [2]. Le but de cet article est de faire le point sur la réglementation et de proposer un protocole en accord avec celle-ci.

Application d’une technique combinée interne/externe au peroxyde de carbamide à 10 % avec intervention du patient

Les étiologies des dyschromies sont nombreuses. Dans le cas où les dents sont dépulpées, cette dépulpation peut s’accompagner immédiatement ou secondairement d’une dyschromie. Dans cette situation, la technique d’éclaircissement interne a fait ses preuves [3].
Pendant longtemps, pour la réalisation de cet éclaircissement interne, différentes techniques ont été proposées associant parfois un éclaircissement externe. Quelle que soit la technique utilisée, le principe actif repose toujours sur le peroxyde d’hydrogène.
Consécutivement à l’ouverture des « bars à sourire », est apparue la nécessité de réglementation. En effet, une dyschromie unitaire peut être le signe d’une infection et son traitement par des non professionnels pourrait éliminer ce signe d’alerte important pour le traitement de la pathologie. Dans le cadre des réglementations récentes de l’éclaircissement interne, il semble que le produit le plus utilisé depuis trente ans, à savoir le perborate de sodium, et parfaitement évalué sur le plan clinique soit déconseillé voire interdit.

Ainsi, nous nous trouvons dans une situation paradoxale où le seul produit largement évalué serait interdit alors que des produits de remplacement peu évalués et peut-être moins efficaces sont distribués.

LE POINT SUR LA RÉGLEMENTATION ET SES CONSÉQUENCES CLINIQUES

Cette partie réglementaire est volontairement développée exhaustivement afin de cerner au mieux les produits et les concentrations utilisables, et de permettre au chirurgien-dentiste de mieux retrouver les textes de loi concernés.

Ces dernières années, deux nouvelles réglementations concernant les éclaircissements interne et externe sont apparues afin d’encadrer ces pratiques.

D’une part, les produits d’éclaircissement sont considérés comme des produits cosmétiques par la directive européenne 2011/84/UE du 20 septembre 2011. Cette directive a pour conséquence l’interdiction des produits comportant…

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