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L’incisive latérale maxillaire, une dent capricieuse

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L’incisive latérale maxillaire est la dent de tous les paradoxes. Fatalement éclipsée par sa prestigieuse voisine, les précis d’anatomie se cantonnent bien souvent à en donner une description succincte comparative à l’incisive centrale [1]. Reléguée au rang de pâle copie aux dimensions réduites de cette dernière, on serait en droit de penser que l’incisive latérale n’est que peu traitée dans la littérature dentaire. Paradoxalement, il en est tout autrement ! Et pour cause, rarement une dent aura été autant au cœur de la synergie pluridisciplinaire. Orthodontie, restauration adhésive directe, indirecte, prothèse, traitement endodontique, chirurgie implantaire, autotransplantation… la restauration et/ou le remplacement de l’incisive latérale est le siège d’un véritable éventail thérapeutique où se croisent des décisions de traitements antagonistes ou, au contraire, combinés. La raison d’un tel fourmillement de méthodes forçant le praticien à mettre à rude épreuve sa réflexion clinique provient des nombreuses variations morphologiques potentielles de cette dent [2]. De silhouette variable, elle peut revêtir à l’extrême des formes effilées quasi pathologiques (microdontie), des entités anatomiques précurseurs de pathologies endo-parodontales (sillon palato-radiculaire) ou encore être totalement oubliées par le Créateur et se retrouver absente au sein de la cavité buccale (agénésie).
L’objectif de cet article est d’exposer les divers paramètres biomorphologiques souhaités en termes de fonction et d’esthétique pour guider le chirurgien-dentiste dans sa quête de reproduction du modèle naturel lors des corrections des anomalies fréquentes de l’incisive latérale maxillaire.

L’incisive latérale est-elle simplement une incisive centrale de taille réduite ?

La confusion règne quand il s’agit de décrire avec précision l’incisive latérale. Bien trop souvent décrite comme une incisive centrale aux dimensions plus réduites, les raccourcis descriptifs sont ici bien trop réducteurs. En effet, l’incisive latérale venant compléter fonctionnellement l’incisive centrale, elle partage donc logiquement un ensemble de caractères morphologiques. Cependant, elle s’en éloigne aussi par de nombreux aspects : outre ses dimensions plus grêles, l’incisive latérale dispose de détails plus marqués.

Exception faite de la dent de sagesse, elle est la dent dont les variations anatomiques sont les plus hétéroclites (fig. 1). De nombreuses morphologies sont ainsi retrouvées à l’état naturel (ovoïdes, carrées) ; les lignes de transition des bords proximaux peuvent converger, rendant l’incisive latérale plus ou moins cunéiforme jusqu’à l’extrême, en pointe effilée (communément nommée « riziforme », on retrouve cette forme de nanisme dans la littérature anglo-saxonne sous le terme « peg-shaped lateral incisor »). Les mesures moyennes de l’incisive latérale sont présentées figure 2.

La description anatomique de chacune de ses faces se limitera volontairement à sa forme la plus générique [3, 4] (fig. 3).

La face vestibulaire

Comme énoncé précédemment, cette dent peut montrer une variabilité considérable dans sa morphologie coronaire. Sa largeur mésio-distale réduite donne visuellement une sensation de dent gracile. On retiendra classiquement, des contours de la face vestibulaire dans leur ensemble plus en rondeur que l’incisive centrale avec des angles incisifs fortement arrondis (en particulier l’angle distal qui présente une courbure très marquée). Il en résulte un bord proximal distal plus court par rapport à l’angle mésial, renforçant l’obliquité de son bord libre. La surface vestibulaire, légèrement plus convexe que l’incisive centrale, est parcourue…

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