La croissance faciale continue : paramètre dans le choix thérapeutique

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°1 - 15 mars 2026 (page 10-16)
Information dentaire
La croissance cranio-faciale est un processus dynamique qui se poursuit après la puberté et tout au long de la vie adulte. Elle repose sur le remodelage osseux, l’activité condylienne persistante, les influences musculaires et fonctionnelles ainsi que l’évolution dento-alvéolaire. Ces mécanismes induisent une éruption continue, une dérive mésiale et des modifications progressives de l’occlusion. En implantologie, l’ostéo-intégration confère à l’implant un caractère biologiquement inerte, l’empêchant de s’adapter à ces évolutions. Cette dissociation avec les dents naturelles peut entraîner des complications cliniques telles que l’infraposition implantaire antérieure ou la perte de contacts interproximaux postérieurs. Dans ce contexte, notamment au niveau de l’édentement unitaire antérieur, le bridge collé mono-ailette constitue une alternative thérapeutique pertinente, respectant la dynamique biologique des arcades et limitant les risques liés à la croissance faciale résiduelle.

Qui n’a pas eu ce sentiment du temps qui passe en regardant des photos de son visage au cours des différentes années de sa vie. Le corps humain est en perpétuel renouvellement. Cette évolution passe par des phases de modifications, de destruction et de reconstruction. Dès 1945, Howard Meredith, dans son article intitulé Toward a working concept of physical growth [1], écrit : « En référence particulière à la sous-classe des mammifères qui inclut l’organisme humain, la croissance physique peut être définie comme l’ensemble des changements anatomiques et physiologiques qui se produisent entre le début de la vie prénatale et la fin de la sénilité. » Il précise ainsi que « les changements structurels ou anatomiques étudiés jusqu’à présent peuvent être regroupés en changements de complexité, changements de taille, changements de forme, changements de position et changements de texture et de pigmentation » et ajoute que « du point de vue de la particularisation, il semble fructueux, du moins à titre provisoire, de considérer la croissance anatomique comme relevant des changements liés à l’âge en termes de complexité, de taille, de forme, de disposition spatiale, de texture ou de pigmentation de toute unité structurelle de l’organisme et de l’organisme dans son ensemble ». Ainsi, contrairement à l’idée longtemps admise selon laquelle la croissance s’arrêterait après l’adolescence, Oesterle et al. [2] soulignent eux aussi, en 1993, que des modifications morphologiques et squelettiques peuvent se poursuivre bien au-delà de cette période au niveau cranio-facial et notamment en relation avec les traitements implantaires. Remettant ainsi en cause les dogmes établis concernant la stabilité du cadre squelettique après la croissance. Ces changements, bien que subtils, progressifs et variables selon les individus peuvent avoir des conséquences significatives sur la position des dents et donc de l’occlusion…

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