La respiration nasale, la posture linguale et la compétence labiale constituent des bases fondamentales de l’équilibre oro-facial [1]. Les thérapeutiques orthodontiques permettent aujourd’hui d’obtenir des corrections morphologiques fiables. Pourtant, la persistance de dysfonctions demeure un facteur majeur d’instabilité ou de récidive.
Dans ce contexte, la rééducation myofonctionnelle s’impose comme un complément thérapeutique dont l’enjeu n’est plus uniquement diagnostique ni technique, mais pédagogique. Le succès thérapeutique dépend alors de la répétition, de l’entraînement et de l’engagement actif du patient [2]. La question devient donc : comment transmettre des notions fonctionnelles complexes de manière suffisamment claires pour qu’elles soient comprises, mémorisées et intégrées durablement par le patient ? La meilleure rééducation ne serait-elle pas celle qu’un patient convaincu réalise quotidiennement ?
Cette difficulté est renforcée par la multiplicité des lexiques propres à chaque intervenant impliqué dans ces parcours de soins : orthodontistes, ORL, orthophonistes, kinésithérapeutes, chirurgiens maxillo-faciaux, médecins du sommeil, allergologues. Chacun pouvant avoir des formulations différentes pour désigner des réalités fonctionnelles proches. Cette hétérogénéité des discours peut altérer la lisibilité du parcours thérapeutique, limiter l’adhésion et nuire à l’automatisation des fonctions recherchées. Comme dans toute relation thérapeutique, le patient présente un besoin fondamental de sécurité, qui peut être apporté par la cohérence du cadre proposé et la répétition de messages concordants par les différents professionnels, au service de l’éducation thérapeutique, l’interdisciplinarité et, in fine, la stabilité fonctionnelle à long terme.
C’est dans cette perspective qu’a été développé le concept Chantons1-2-3. Il ne s’agit ni d’un nouveau…