La génioplastie de l’enfant et de l’adulte : à quel âge ? Quelles indications ? Quelles techniques ?

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  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°3 - 15 juin 2026 (page 52-59)
Information dentaire
La génioplastie est un geste chirurgical qui consiste à réaliser une ostéotomie du menton osseux sous anesthésie générale. L’effet le plus notable de cette transposition du menton est la modification morphologique du profil du patient. Cette procédure, par la variété de ses techniques, tracés d’ostéotomies, voies d’abord, adjonction de greffes osseuses permet de répondre à plusieurs indications. Elle peut être mise en œuvre de manière précoce chez l’adolescent en croissance à visée fonctionnelle, en complément d’une chirurgie orthognathique, pour corriger une rétrogénie, une hauteur faciale excessive ou une asymétrie. Si cette technique est utile dans la prise en charge esthétique du patient, elle est aussi le traitement fonctionnel de choix pour prendre en charge une incompétence labiale. La piezochirugie et l’anesthésie ont permis d’optimiser les suites opératoires et de maîtriser parfaitement le risque d’hématome du plancher buccal qui est devenu une complication rare. Aussi, la planification 3D et les guides sur mesure ont permis d’améliorer la prise en charge des mentons asymétriques.

Le mot de la rédaction

S’appuyant sur des illustrations didactiques et une riche documentation clinique, les auteurs présentent le geste chirurgical de la génioplastie en détaillant ses nombreuses indications ainsi que les bénéfices fonctionnels et esthétiques attendus tant chez l’enfant que chez l’adulte

 

Rappels anatomiques de la symphyse mentonnière

Du côté lingual, les apophyses géni servent d’ancrage aux muscles génio-hyoïdiens et génio-glosses et assurent l’ouverture de la filière respiratoire et une bonne position de la base de langue. Un menton correctement positionné assure une tension musculaire suffisante autour des voies respiratoires et une langue mieux placée dont la pointe ne vient pas s’interposer entre les incisives supérieures et inférieures (la base de langue étant en bas et en arrière). À la partie inférieure de la symphyse s’insère le ventre antérieur du muscle digastrique qui se termine par le tendon intermédiaire au niveau de l’os hyoïde, il définit la limite topographique entre la tête et le cou. La remise en tension de ce muscle par une génioplastie d’avancée permet d’augmenter la distance cervico-mentonnière et d’effacer l’aspect de double menton.

Du côté vestibulaire, le muscle mentonnier de part et d’autre de la symphyse est un muscle superficiel à l’insertion osseuse et cutanée. Il peut être à l’origine d’une fossette cutanée mentonnière. C’est un muscle releveur de la peau du menton et donc de la lèvre inférieure. Sursollicité chez l’incompétent labial, il fronce la peau du menton en créant un aspect caractéristique en peau d’orange. Cette contraction répétée entraîne un amincissement de la corticale vestibulaire des incisives et peut aggraver les récessions gingivales [1].

Latéralement s’insèrent les muscles abaisseurs de l’angle de la bouche et de la lèvre ainsi que le muscle platysma, muscle peaucier du cou (fig. 1).

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