Le bridge collé cantilever constitue aujourd’hui la solution de première intention pour remplacer une incisive absente [1]. La croissance faciale continue met en évidence les limites esthétiques et fonctionnelles de l’implant unitaire dans le secteur antérieur, avec des décalages verticaux mesurés entre 0,12 et 1,86 mm y compris chez des adultes de 40 à 55 ans, ainsi qu’un risque élevé d’infraposition ou de perte de contact proximal, concernant près d’un implant sur deux après 5 à 15 ans de suivi [2-4]. Le bridge collé représente une alternative conservatrice, réversible et biomimétique, capable d’accompagner les mouvements physiologiques de la dent support et de limiter les dysharmonies esthétiques et fonctionnelles au cours du temps. Sa fiabilité à long terme est bien documentée, avec des taux de survie rapportés entre 92 et 100 % à moyen terme (3 à 10 ans), et jusqu’à 97 % à long terme (10 à 15 ans) dans les cohortes contemporaines [1, 5-7].
L’histoire du bridge collé antérieur est marquée par une double (r)évolution majeure. La première concerne le design, d’une part passé du double appui de part et d’autre de l’édentement à une géométrie cantilever, mono-ailette, mono-pilier, offrant de meilleures performances mécaniques et cliniques [8-10]. La seconde réside dans le choix du matériau d’infrastructure, avec la transition du métal vers les céramiques infiltrées, puis vers la zircone 3Y-TZP et le disilicate de lithium, désormais considérés comme les références alliant esthétique, biocompatibilité et aptitude au collage [11-15].
Ces avancées ont nécessairement modifié les principes de préparation de la dent support. L’objectif de cet article est de proposer une synthèse narrative des données disponibles sur la préparation de la dent support, structurée selon une progression conceptuelle, afin d’en dégager des repères cliniques. Il s’agit d’une revue ciblée, centrée…