La salive comme miroir biologique
La salive agit comme un miroir biologique, contenant une grande diversité de molécules mesurables – protéines, ADN, ARN, microARN, métabolites et signatures microbiennes – et offrant un avantage d’échantillonnage non invasif et répétable par rapport au sang. Les récents progrès en protéomique (l’étude à grande échelle de l’ensemble des protéines d’un échantillon biologique) et en métaprotéomique (l’analyse simultanée des protéines de l’hôte et de son microbiote) ont montré que la salive de patients atteints de diabète de type 2 (DT2) présente des altérations spécifiques des protéines de l’hôte et des genres microbiens, reflétant une dérégulation des métabolismes immunitaire, lipidique et glucidique [1, 2]. De plus, le profilage protéomique complet de la salive chez les patients atteints de DT2 a permis d’identifier des protéines spécifiques de l’hôte ainsi que des variations de genres bactériens, soulignant le potentiel de la salive comme outil diagnostique complémentaire [3]. Des revues cliniques exploratoires indiquent par ailleurs que les niveaux de glucose salivaire corrèlent positivement avec la glycémie sanguine dans les populations diabétiques, ce qui renforce l’intérêt de la salive pour le suivi glycémique – bien qu’une standardisation des méthodes de collecte demeure nécessaire [3]. Les protéines inflammatoires telles que la CRP (protéine C réactive) salivaire présentent une élévation significative chez les individus atteints de DT2 et corrèlent avec l’HbA1c sérique, les positionnant ainsi comme des biomarqueurs non invasifs viables du contrôle glycémique [4]. De même, l’alpha-amylase salivaire a été identifiée comme un biomarqueur prometteur, ses niveaux élevés chez les patients diabétiques de type 2 étant corrélés avec plusieurs paramètres métaboliques.
Au-delà des marqueurs métaboliques, le microbiote salivaire reflète…