Le concept de fragilité
Selon la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie (SFGG), « la fragilité est un syndrome clinique. Il reflète une diminution des capacités physiologiques de réserve qui altère les mécanismes d’adaptation au stress. Son expression clinique est modulée par les comorbidités et les facteurs psychologiques (dépression), sociaux (isolement), économiques (revenus) et/ou comportementaux (addictions) ». Cette définition met en évidence la notion de déclin, retrouvé dans le vieillissement physiologique, mais aussi le défaut d’adaptation, au-delà d’un certain seuil, à différentes « agressions ».
La fragilité n’est pas due au développement de maladies, mais à une vulnérabilité accrue face à une situation. Cela signifie qu’une personne âgée peut être en apparence « bien portante », mais lorsqu’elle a à faire face à un événement imprévu (par exemple une chute sans fracture, une hospitalisation sans critère de gravité), un stress extérieur (par exemple un veuvage, un changement de lieu de vie), elle ne sera pas capable de puiser dans ses propres réserves et ne pourra pas surmonter cet événement.
Le syndrome de fragilité est un marqueur de risque de mortalité et d’événements péjoratifs, notamment d’incapacités, de chutes, d’hospitalisation et d’entrée en institution.
L’âge est un déterminant majeur de fragilité mais n’explique pas à lui seul ce syndrome. En France, l’enquête SHARE (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe) évalue que moins de 10 % des patients sont fragiles avant 75 ans et plus de 25 % après 75 ans.
Trois profils cliniques de personnes âgées peuvent être distingués :
- les personnes âgées robustes globalement en bonne santé (absence de pathologie ou bien pathologies chroniques stabilisées), autonomes, ayant une activité physique régulière adaptée ;
- les personnes âgées fragiles, présentant des…