En orthodontie, la chirurgie gingivale est souvent nécessaire pour des raisons fonctionnelles et esthétiques. Les canines peuvent nécessiter une exposition chirurgicale en cas d’inclusion. Comme le soulignait Philippe [1], « l’étape chirurgicale de la désinclusion doit être assurée par celui qui mènera tout le traitement ». C’est dans cet esprit que le recours au laser diode prend tout son sens au cabinet orthodontique. Instrument précis et hémostatique, il s’intègre à l’ensemble du parcours thérapeutique : de la fenestration initiale de la muqueuse palatine jusqu’à la photobiomodulation postopératoire, en passant par les retouches gingivales de finition.
Épidémiologie des canines palatines incluses
Parmi l’ensemble des inclusions dentaires, les canines maxillaires se placent en troisième position avec une fréquence de 1 à 2 % dans la population générale. Les données CBCT permettent une localisation précise : Liu et al. [2] rapportent, dans une cohorte chinoise, que 45,2 % des canines incluses sont en position vestibulaire, 40,5 % en position palatine et 14,3 % en position transalvéolaire. Les canines palatines incluses méritent une attention particulière, leur position étant souvent corrélée à une incisive latérale de petite taille ou absente, à un déficit d’espace ou à une orientation précoce défavorable du germe. La détection clinique précoce, dès 8 à 9 ans, par palpation de la bosse canine en région vestibulaire, reste le premier geste diagnostique indispensable [3]. Son absence doit imposer un bilan radiologique sans délai. L’absence ou la petite taille de l’incisive latérale est associée à une nette augmentation du risque d’inclusion palatine [4]. Un déficit de place, une déviation précoce de l’axe du germe, ou une persistance prolongée de la canine temporaire constituent également des signaux d’alerte nécessitant une prise en charge interceptive.