Le scellement dentinaire immédiat : protocole clinique

  • Par
  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2019 (page 81-87)
Information dentaire
Le scellement dentinaire immédiat est une procédure fondamentale lors de la réalisation de restaurations adhésives collées. Ce protocole doit être effectué à chaque fois que la situation le permet, car il offre de nombreux avantages, comme l’amélioration des valeurs d’adhérence, la protection du complexe dentino-pulpaire ou encore la diminution des sensibilités postopératoires, et s’inscrit dans une démarche contemporaine de préservation tissulaire maximale. A partir d’un cas clinique, toutes les étapes de ce protocole sont précisément détaillées et discutées, de la préparation de la dent à l’assemblage de la pièce prothétique.

Les protocoles de mise en œuvre des restaurations indirectes nécessitent classiquement (hors CFAO directe au fauteuil) une étape de temporisation pour protéger le complexe dentino-pulpaire. Cette étape diminue considérablement les valeurs d’adhérence de la restauration finale. Dans les années 90, les travaux de Paul et Shärer [1] tentent d’apporter une réponse à ce problème biomécanique. En s’appuyant sur les travaux de Nakabayashi sur la couche hybride et considérant la dualité tissulaire du substrat (émail et dentine), ils proposent de réaliser une hybridation des plages dentinaires exposées immédiatement après la préparation [2]. En 1997, ils sont les premiers à proposer un protocole clinique qu’ils nomment « Dual Bond Technique ». L’adhésion à l’émail périphérique se fait quant à elle au moment de l’assemblage. Ces travaux mettent alors en évidence l’avantage biologique de protection immédiate de la plaie dentinaire tout en améliorant le comportement biomécanique des restaurations. Les travaux in vitro de Paul, Schärer, Dietschi, Pashley, Sailer et Magne ont confirmé ces résultats [1, 3-6].

En modifiant les procédures cliniques, les résultats s’améliorent et permettent à Pascal Magne de proposer le scellement dentinaire immédiat (Immediate Dentin Sealing ou IDS), dont le protocole est désormais bien codifié. Des instructions cliniques détaillées ont été proposées en 2014 et présentent les grandes étapes qui nous ont guidés dans la réalisation de ce cas clinique [7].

Cas clinique

L’IDS étant un protocole adhésif, le champ opératoire est placé dès le début de la séance.
La restauration temporaire avec laquelle le patient s’est présenté est déposée. Les tissus cariés sont colorés (avec un révélateur de tissu carieux) puis éliminés à l’aide de fraises diamantées (fig. 1 à 4).
A ce stade, la plaie dentinaire est ouverte et l’IDS va permettre de sceller les…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Biomatériaux Odontologie restauratrice Parodontologie

Ingénierie tissulaire en odontologie

Les biomatériaux de régénération osseuse sont utilisés en chirurgie implantaire (préservation d’alvéole, chirurgie sinusienne, traitement des péri-implantites), en chirurgie préprothétique...
Biomatériaux

Les 4 critères d’une « bonne évaluation »

Dans l’article précédent [1], j’ai tenté de définir ce que l’on peut appeler une « bonne évaluation » au regard de la...
Biomatériaux

Les substituts osseux en odontologie – Partie 2 – Classification

Les greffes osseuses L’inclusion des greffes dans la classification des biomatériaux est liée à leurs capacités de remplacement des tissus...
Biomatériaux CFAO

La céramique infiltrée de polymère (PICN) pour des connexions implantaires esthétiques à embase titane : un biomatériau d’avenir en CFAO

Une réhabilitation prothétique implantoportée est très différente d’une restauration dentoportée. En effet, celle-ci nécessite la superposition et l’assemblage de plusieurs...