Le titane : son potentiel allergique est-il lié à sa corrosion ?

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques, L'Information Dentaire n°1 - 15 mars 2019 (page 52-57)
Information dentaire
Depuis des décennies, le titane a été le matériau prédominant en implantologie du point de vue de ses qualités tant mécaniques que biologiques. Son vieillissement n’a que rarement été remis en question, tout comme sa résistance à la corrosion et son risque allergique. Cependant, un processus de tribocorrosion a été rapporté par de nombreuses études récentes avec comme conséquence la possibilité de retrouver des particules relarguées dans les tissus mous et osseux. L’évidence scientifique a montré que ces particules ont la capacité d’interagir avec les ostéoclastes, d'affecter l’homéostasie cellulaire des fibroblastes et d'induire une inflammation. Quant au réel potentiel allergique du titane, les données restent éparses et difficiles à interpréter.
Il ne faut pas oublier que le dioxyde de titane est utilisé à grande échelle par l’industrie alimentaire, cosmétique et pharmaceutique.

En implantologie moderne, le titane est devenu le matériau phare grâce à d’excellentes propriétés biologiques et mécaniques. Son utilisation en chirurgie orthopédique et orale a permis d’améliorer les conditions de vie des patients. Néanmoins, la littérature commence à décrire certaines réactions d’hypersensibilité et inflammatoires causées par le titane. Parmi les hypothèses mises en avant afin d’expliquer ces phénomènes figure la corrosion des implants en titane provoquant un relargage de particules de titane dans l’environnement péri-implantaire. Les mécanismes impliqués combineraient usure mécanique et attaque par des agents chimiques fragilisant la couche d’oxyde de titane.
Cet article s’inscrit dans la série sur l’ostéointégration (publiée dans BMC) et a pour but de donner une vue d’ensemble de l’allergie au titane ainsi que de l’origine et des effets des particules de titane au niveau de la sphère orale.

Hypersensibilité et allergie liées au titane

Un nombre limité de lésions buccales a été rapporté à proximité d’implants en titane peu de temps après leur insertion chez certains patients [1-4]. Dans chacun de ces cas, l’examen clinique mettait en évidence une réaction inflammatoire chronique, une hyperplasie de la muqueuse péri-implantaire, un eczéma facial ou la formation de granulomes. Une amélioration a été constatée lors du retrait des implants chez tous les patients. Cependant, il convient de rester prudent quant à l’implication directe du titane pur ou de l’alliage de titane dans des réactions d’hypersensibilité.

Des tests cutanés et épicutanés [5, 6] ainsi que des tests sanguins (Memory Lymphocyte Immuno-Stimulation Assay, MELISA) [7] ont été proposés afin de détecter une éventuelle allergie, notamment chez des patients présentant des échecs primaires multiples ou un certain nombre d’allergies. Une prévalence de 0,6 % a pu être calculée [5]. Il convient…

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