les basiques de la prothèse implanto-portée – Partie 3

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°2 - 15 octobre 2020 (page 84-91)
Information dentaire
Le choix du type d’infrastructure prothétique (matériau et mode d’assemblage) et sa validation clinique sont des éléments clés du succès à long terme des prothèses implanto-portées.
S’il n’est pas indispensable dans les situations d’édentements unitaires, l’essayage clinique de l’infrastructure est nécessaire pour en valider l’adaptation et la passivité dans les situations de prothèse plurale.
Longtemps limité à des alliages précieux réalisés en sur-coulée à cire perdue, le choix du matériau d’infrastructure peut désormais, grâce aux progrès des procédés de CFAO, se porter sur des matériaux plus biocompatibles, plus économiques et/ou plus esthétiques tels que le titane, le CoCr ou la zircone.
Afin de réduire le risque de complications biologiques, le mode de rétention à privilégier est le trans-vissage, soit directement sur les têtes d’implants, soit associé à l’utilisation de piliers coniques.
Enfin, le développement de solutions de modification de l’axe du puits de vissage par rapport à l’axe implantaire permet d’augmenter le spectre d’indication des prothèses trans-vissées et de limiter le recours à des infrastructures scellées sur piliers implanto-portés.

Les problématiques : fiabilité de l’empreinte, précision d’adaptation et passivité de l’infrastructure

En prothèse implanto-portée plus encore qu’en prothèse conventionnelle, la précision tridimensionnelle de l’empreinte est le premier facteur qui conditionne l’adaptation et la passivité de la future infrastructure. Des défauts d’adaptation de 30 à 150 µm ont été historiquement définis comme acceptables du point de vue de la prévention des complications, tant biologiques que mécaniques [1]. Compte tenu de la mobilité intra-osseuse des implants, estimée à 3 à 5 µm en axial et à 10 à 50 µm en latéral, Andriessen a évalué en 2014 à 50 µm en linéaire ou 0,4° en angulaire la tolérance cliniquement acceptable par implant dans le cadre d’une restauration implanto-portée plurale [2].

Une revue de littérature réalisée en 2018 en préparation à la conférence de consensus de l’ITI [3] a abouti à la conclusion que, quelle que soit la technique d’empreinte utilisée, la précision obtenue n’atteignait pas ces objectifs (de 77,7 à 97,1 µm en linéaire et de 0,6 à 2,0° en angulaire pour les empreintes conventionnelles et de 11,9 à 304 µm et de 0,4 à 1,6° pour les empreintes numériques). La précision d’ajustage des infrastructures fabriquées dans les différentes études analysées, publiées entre 2012 et 2017, n’atteignait pas non plus ce niveau d’exigence (21,9-141,5 µm pour les infrastructures issues d’empreintes conventionnelles et 11,9-304,0 µm pour celles issues d’empreintes numériques).

En pratique, s’il y a fort à parier qu’une part non négligeable de nos empreintes ne permet pas d’atteindre ces objectifs de précision, c’est le respect des principes décrits dans les articles 1 et 2 de cette série qui améliorera la précision d’adaptation de l’infrastructure prothétique.

La passivité est une notion plus difficile à décrire. La passivité absolue signifierait…

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