Les ciments biocéramiques, ou ciments de silicate de calcium (CSC), occupent aujourd’hui une place centrale en endodontie. Ils sont utilisés à la fois sous forme de putty (matériau compactable) pour le coiffage pulpaire, l’apexification, la réparation des perforations, ou l’obturation a retro en microchirurgie endodontique et sous forme de sealer (ciment de scellement canalaire, plus fluide) pour l’obturation canalaire lors des traitements orthogrades [1]. Leur diffusion croissante s’accompagne d’une offre commerciale abondante et parfois confuse, où des matériaux de compositions très différentes se retrouvent réunis sous une appellation commune [2].
L’histoire de ces ciments est en réalité assez ancienne. En premier lieu, la découverte du phosphate de calcium, minéral constituant de l’os et de la dent, a été à l’origine (dès le début du XIXe siècle) de recherches de matériaux capables de servir de matrice à la cicatrisation osseuse, par exemple pour combler des défauts osseux critiques ou encore pour des restaurations dentaires [3]. Le silicate de calcium, quant à lui, trouve son origine dans le ciment de Portland, d’abord utilisé dans le bâtiment. Il est entré précocement en dentisterie à la fin du XIXe siècle comme matériau d’obturation canalaire, puis a été mis de côté. Il est remis au goût du jour à la fin du XXe siècle avec les travaux de l’équipe du Dr Torabinejad, aboutissant à la commercialisation du Mineral Trioxide Aggregate (MTA) [2]. Depuis, le matériau s’est développé pour en isoler la phase principale, à savoir le silicate de calcium, qui constitue la base des ciments que l’on utilise aujourd’hui en endodontie.
Ces matériaux sont souvent désignés sous le terme de « biocéramiques ». Ce terme, bien que commode, reste trop général : en science des matériaux, une biocéramique désigne une céramique destinée à être utilisée au sein de l’organisme. Cette catégorie…