Les ciments verres ionomères à haute viscosité

  • Par
  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 31 mars 2016 (page 26-33)
Information dentaire
Dans cette première partie d’un diptyque, nous décrirons la chimie des ciments verres ionomères à haute viscosité, puis nous listerons leurs propriétés, en soulignant leurs avantages comparés aux amalgames, aux résines composites et aux CVIMAR. Dans le prochain numéro, une seconde partie détaillera leurs applications cliniques nouvelles.

Partie 1 - De nouvelles perspectives

Pour restaurer les pertes de substances des tissus dentaires, l’usage des résines composites, éminemment mimétiques, succède à l’ère surannée de l’amalgame. Toutefois, leur mise en œuvre est exigeante, leur biocompatibilité controversée et leur usage onéreux. Parallèlement, les ciments verres ionomères (CVI) ont été introduits par Wilson et Kent au début des années 1970. Ces matériaux sont les seuls à développer une adhésion intrinsèque aux tissus dentaires et à relarguer des ions fluorures. Toutefois, cette adhésion naturelle insuffisante à elle seule et l’indigence de cohésion interne leur ont conféré l’étiquette de matériau relativement précaire. De significatives améliorations, notamment par l’incorporation de résine, ont donné lieu aux CVI modifiés par addition de résine (CVIMAR). Dans les années 1990, des variations du rapport liquide/poudre et de taille des particules ont donné le jour aux CVI à haute viscosité (CVI-HV), encore appelés CVI condensables. Cette famille répondait aux besoins de l’Atraumatic Restorative Treatment (ART), utilisée dans les pays du tiers-monde, alliant éviction carieuse manuelle et restauration aux CVI de consistance permettant son placement au doigt. Ce concept s’est généralisé avec l’emploi de ces matériaux – à la manipulation s’apparentant à celle de l’amalgame – pour le traitement des dents temporaires ou de manière transitoire chez des patients peu coopérants. Récemment, des formulations encore révisées permettent d’améliorer leurs propriétés, étendant étonnamment leur champ d’utilisation.
Dans cette première partie, nous focaliserons nos propos sur cette dernière famille, dans l’idée d’exposer, de manière circonstanciée, ses avantages comparés aux amalgames, aux résines composites et aux CVIMAR. Nous commencerons par la description de leur chimie, puis nous listerons leurs propriétés.

Présentation des CVI-HV
Terminologie et composition…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Biomatériaux Endodontie

Article réservé à nos abonnés Impact du type de restaurations collées sur l’accès aux canaux lors d’un retraitement endodontique

La restauration de la dent dépulpée postérieure a longtemps été stéréotypée, avec comme proposition de restauration presque systématique la couronne...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Tenons fibrés usinés personnalisés et tenons fibrés conventionnels : quelle résistance à la fracture ?

La conception d’un tenon intra-radiculaire sur une dent devant être couronnée est censée renforcer la résistance globale des tissus résiduels,...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Analyse protéomique de fibroblastes gingivaux humains exposés aux produits relargués par une résine composite

Les résines composites sont largement utilisées en clinique en raison de leur grande résistance et de leurs propriétés esthétiques [1]....
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Le titane par impression 3D en prothèse supra-implantaire : de l’évaluation mécanique à l’analyse biologique

L’impression 3D ne concerne pas seulement les résines. S’il est possible de mettre en œuvre quasiment tout type de matériau,...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Le Microscope Électronique à Transmission (MET)

Dans un premier article, nous avons identifié et classifié les méthodes d’analyse des tissus dentaires, des biomatériaux et des interfaces [1]. Un...
Biomatériaux

Article réservé à nos abonnés Intégration occlusale du bridge collé cantilever postérieur en céramique

Alternative à l’implantologie et aux restaurations plurales traditionnelles, le bridge collé cantilever postérieur en céramique (BCCPC) est une nouvelle solution...