Les nanoparticules, partie 1 : description, risques potentiels pour la santé et applications en odontologie

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2021 (page 36-41)
Information dentaire
Depuis peu, les nanoparticules sont considérées comme dangereuses pour la santé et sont devenues un sujet de préoccupation publique et scientifique. Les nanoparticules appartiennent au nanomonde (entre 1 et 100 nm) ; cette taille leur confère des propriétés totalement différentes des particules de plus grande dimension et de même composition chimique. À ce jour, peu de connaissances sont disponibles, cependant plusieurs études ont montré que les nanoparticules pouvaient pénétrer dans l’organisme, migrer à distance dans différents organes et entraîner des effets toxiques. Il est impossible d’émettre une hypothèse générale sur leur toxicité car chaque nanoparticule possède un profil toxicologique propre qui dépend de multiples paramètres physico-chimiques (taille, surface, composition chimique, charge…). Les nanoparticules sont omniprésentes dans notre environnement ; en chirurgie dentaire par exemple, des nanoparticules sont intégrées dans de nombreux matériaux pour améliorer leurs propriétés. Elles peuvent également être émises dans l’air lors du fraisage de composites. Sur la base du principe de précaution, les données actuelles de la littérature justifient de prendre toutes les mesures utiles pour limiter l’exposition aux nanoparticules et protéger la santé des personnes potentiellement exposées. Le chirurgien-dentiste devrait ainsi prendre des mesures préventives pour limiter son risque d’inhalation de nanoparticules issues des composites.

Les nanoparticules sont aujourd’hui omniprésentes dans notre envi­ronnement. Elles sont intentionnellement intégrées dans nos produits alimentaires, crèmes solaires, dentifrices, etc. Elles se retrouvent également en suspension dans l’air, avec des ori­gines diverses : feux de forêts, échappement de moteurs et chaudières, usure de pneus, freins, etc. Or, ces nanoparticules ou particules ultrafines seraient potentiellement dangereuses pour la santé, et constituent un sujet de préoccupation publique et scientifique.

L’Agence nationale française de sécurité sanitaire (ANSES) classe les nanomatériaux comme substances dangereuses dans le cadre de la réglementation européenne CLP (classification, étiquetage et emballage des substances et mélanges) et la Stratégie nationale de santé 2018-2022 les considère comme risque émergent.

Les nanoparticules appartiennent au nanomonde (entre 1 et 100 nm) (fig. 1), continent de l’infiniment petit où la physique, la chimie et la biologie se rencontrent. Elles possèdent une taille semblable à celle des virus ou des petites protéines. Cette taille leur confère des propriétés particulières qui peuvent être physiques, chimiques, électromagnétiques, optiques ou biologiques. Ainsi, la diffusion des nanoparticules, leur persistance dans l’atmosphère et leur impact sur le vivant sont totalement différents des particules de plus grande dimension et de même composition chimique.

Dans ce premier article consacré aux nanoparticules, nous définirons d’abord les termes associés aux nanoparticules, puis nous aborderons leur pénétration dans l’organisme, et enfin nous évoquerons leur utilisation en chirurgie dentaire.

Définitions des termes

Les nanosciences et nanotechnologies peuvent être définies comme l’ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures (physiques, chimiques ou biologiques), de dispositifs et de systèmes matériels à l’échelle…

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