Les nanoparticules Partie 2 : exposition et protection

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2022 (page 64-69)
Information dentaire
Contexte : en odontologie, le praticien est quotidiennement exposé à l’inhalation de nanoparticules potentiellement toxiques et produites lors du fraisage et du polissage de résines composites. Objectifs : mesurer la quantité de nanoparticules produites lors du fraisage de résines composites et évaluer l’influence de différents paramètres. Matériels et méthodes : dans un box fermé, les concentrations en nombre de nanoparticules dans l’air/cm3 ont été mesurées avec le NanoScan 3910 (TSI) avant, pendant et après le fraisage de deux éléments en résine composite placés sur les incisives centrales maxillaires d’un typodont. Les mesures ont été réalisées : sans aspiration, avec une aspiration chirurgicale, une aspiration par pompe à salive, avec la présence d’un spray d’eau ou non, et avec la présence d’une barrière physique. Résultats : de grandes quantités de nanoparticules ont été émises dans la zone de respiration du praticien lors du fraisage à sec sans aspiration. L’utilisation d’une aspiration puissante et l’ajout d’un spray d’eau pendant le fraisage ont permis de diminuer ces concentrations. Une fois le fraisage terminé, les particules sont restées en suspension dans l’air, mais ont chuté rapidement après aération de la pièce. Conclusion : sans précautions, le praticien et l’équipe soignante sont exposés à une grande quantité de nanoparticules dans l’air pendant et après le fraisage de résines composites. Ils doivent en être informés et adopter des mesures simples pour s’en protéger, notamment : utiliser une aspiration puissante pendant le fraisage et aérer fréquemment la salle de soins.

En odontologie, le praticien est quotidiennement exposé à l’inhalation d’une multitude de particules produites lors du fraisage et du polissage des tissus dentaires ou des biomatériaux qu’il utilise : résines composites, céramiques ou résines acryliques [1]. Parmi ces particules, une grande partie possède une taille nanométrique (1 à 100 nm). Or, les nanoparticules, par leurs petites tailles, peuvent pénétrer dans l’organisme, migrer vers différents organes et potentiellement entraîner des effets toxiques au niveau des systèmes respiratoire, cardiovasculaire, neurologique, etc. [2].

À ce jour, les effets toxiques des nanoparticules issus de données épidémiologiques ou d’expérimentations in vitro et in vivo justifient, sur la base du principe de précaution, de prendre toutes les mesures utiles pour limiter l’exposition et protéger la santé des personnes potentiellement exposées [3]. À cet égard, la Fédération Dentaire Internationale (FDI) recommande, lors du fraisage ou polissage, l’utilisation d’une quantité d’eau de refroidissement adéquate, un système d’aspiration et une ventilation locale efficaces, et une protection individuelle avec le port de masque. Mais ces recommandations ne sont pas chiffrées, même si elles insistent sur l’attention particulière à porter sur la bonne adaptation des masques de protection classiques ou mieux encore, les masques FFP3 (FFP : pièce faciale filtrante) [4].

Les études montrent que le fraisage de résines composites génère une quantité importante de nanoparticules [5-7]. Cependant, l’influence des paramètres cliniques sur la quantité de nanoparticules produites est encore mal décrite et manque de données. Ces données sont pourtant essentielles à la compréhension des mécanismes d’exposition du praticien. Cette étude propose d’évaluer l’influence, sur la quantité de nanoparticules produites, de la distance du praticien par rapport à l’action de la fraise…

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