Les systèmes adhésifs auto-mordançants

  • Par
  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°1 - 15 mars 2018 (page 33-45)
Information dentaire
L'utilisation du primaire comprenant des monomères de résine, acides et hydrophiles, permet de combiner l’étape de mordançage à celle du conditionnement du substrat déminéralisé. L’application de la résine adhésive peut s’effectuer après celle du primaire (système auto-mordançant en deux temps d’application) ou se faire simultanément (système auto-mordançant à un seul temps d’application). Ils incarnent une avancée dans la résolution de la problématique du collage de matériaux résineux aux structures dentaires. En améliorant l’ergonomie et la rapidité d’exécution, ils rendent le protocole clinique du collage moins sujet aux perturbations liées à l’opérateur et aux conditions cliniques. L’importance de la déminéralisation de l’émail et l’interaction avec la smear layer et la dentine sous-jacente dépendent de l’agressivité de l’adhésif, de son pH et de sa composition chimique. Le praticien a le choix entre plusieurs principes de systèmes adhésifs : systèmes adhésifs précédés d’un mordançage à l’acide phosphorique, systèmes adhésifs auto-mordançants et adhésifs dits universels.

Les systèmes adhésifs précédés d’un mordançage à l’acide phosphorique, que nous avons précédemment développés dans Biomatériaux Cliniques [1], utilisent classiquement comme agent de mordançage un gel d’acide orthophosphorique à des concentrations comprises entre 30 et 40 %. L’acide est appliqué pendant le temps requis sur les tissus dentaires, puis rincé à l’eau avant l’utilisation des constituants du système adhésif. Il est souvent difficile pour l’opérateur d’obtenir un émail sec garant d’une bonne étanchéité marginale et surtout une dentine humide mais non « mouillée ». En effet, un séchage trop appuyé entraîne un collapsus des fibres collagéniques et, à l’inverse, un excès d’eau signifie la formation de lacunes au sein de l’interface dentine/adhésif. Dans les deux cas le résultat à terme est un manque d’étanchéité et une perte d’adhésion.
Pour éviter l’étape du rinçage, génératrice d’erreurs techniques, mais aussi le risque d’une déminéralisation des tissus durs plus profonde que l’infiltration de la résine adhésive appliquée ensuite, les systèmes auto-mordançants ont été introduits. N’étant pas précédés de mordançage à l’acide, suivi d’un inévitable rinçage, puis d’un séchage qui peut être soit insuffisant, soit excessif, ils perturbent moins le réseau de collagène de la dentine sous-jacente qui va pouvoir ainsi être infiltrée efficacement par la résine de l’adhésif. Leur stratégie entraîne une simplification clinique car le primaire comporte des monomères de résine acides et hydrophiles qui permettent de combiner l’étape de mordançage à celle du conditionnement du substrat déminéralisé. On diminue le risque d’une infiltration incomplète de la dentine déminéralisée et donc la formation d’une couche hybride discontinue, incomplète, voire inexistante, départ d’un manque d’étanchéité. L’acidité de ces adhésifs est…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés