L’intérêt de la digue

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  • Publié le . Paru dans Biomatériaux Cliniques n°2 - 15 octobre 2020 (page 60-67)
Information dentaire
Il est exceptionnel de parcourir un article scientifique sur les inlays/onlays dans lequel leur assemblage ne soit pas réalisé systématiquement sous champ opératoire étanche. Il semble pourtant que ce consensus scientifique ne soit pas partagé par un grand nombre de praticiens, qui hésitent encore à utiliser la digue lors de leurs collages. Son utilisation se heurte certainement à son apprentissage souvent fastidieux et chronophage et peut même devenir un frein empêchant finalement certains praticiens de s’orienter vers les techniques de collage, souvent plus préservatrices que les techniques conventionnelles de prothèse scellée.

La réalisation d’inlays/onlays est-elle envisageable sans la pose d’une digue étanche ? C’est la question que nous nous sommes posée. Une revue de la littérature montre qu'elle améliore la gestion de l’humidité de la zone de travail, essentielle à la pérennité de nos restaurations collées. Elle permet également des conditions de travail plus sereines, plus confortables et plus agréables pour le patient et le praticien. La littérature scientifique recommande fortement l’utilisation de la digue lors des collages des restaurations postérieures partielles collées ; le but de cet article est d’en décrire objectivement les avantages.

La Haute Autorité en Santé (HAS) a publié un texte en 2009 sur la reconstitution des dents par inlay/onlay [1]. Il porte une attention particulière au respect du protocole de collage et à l’isolation de la dent traitée. Le collage demande de la rigueur et la longévité des restaurations collées dépend de la qualité de la liaison entre la restauration, le système adhésif et la dent [2].

Il est cliniquement reconnu que la mise en place d’une digue étanche est la solution de choix pour isoler une dent ; cette technique est omniprésente dans les publications sur le collage et paraît indispensable. Elle reste cependant encore un obstacle important pour de nombreux praticiens, qui ont pu trouver son utilisation chronophage et difficile lors de leurs études universitaires [3] et préfèrent bien souvent utiliser l’aspiration chirurgicale seule ou couplée à des rouleaux salivaires.

L’avènement de nouvelles formations cliniques sur le sujet et de techniques complémentaires pour améliorer l’étanchéité de la zone de travail semble toutefois participer de plus en plus à modifier les comportements cliniques.

Plusieurs études ne montrent pas de différence de longévité pour des restaurations directes en composite réalisées avec une isolation par des rouleaux salivaires ou par la digue sur des périodes courtes (de un à trois ans) [4-6], alors qu’une méta-analyse de 2012 montre l’influence positive de la digue sur la diminution des fractures et sur l’augmentation de la longévité globale des restaurations directes [7]. À huit ans, 90 % des restaurations cervicales placées sous digue restent en place, contre 70 % pour celles sans digue [8].

Préparer un inlay/onlay nécessite deux séquences de soins et donc deux étapes d’isolation. La première séquence consiste à préparer et à conditionner la dentine à l’aide d’un adhésif (scellement dentinaire immédiat ou IDS) [9,10] puis d’une résine composite ou d’un ciment…

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