Mieux connaître le milieu buccal pour mieux soigner

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°20 - 17 mai 2023 (page 14-22)
Information dentaire
Si vous tapez « saliva diagnostic » sur la base de données bibliographiques PubMed, vous trouvez près de 400 occurrences sur les douze derniers mois. Bactériologie, immunologie, génétique et épigénétique, métabolome, transcriptome et autres « omes », parodontologie, cariologie, cancers, obésité, cardiopathies, maladies de l’appareil digestif... sont associés au milieu buccal et à la salive. Les prélèvements de fluides deviennent une alternative crédible à l’aide au diagnostic, à la détection précoce, au suivi thérapeutique face aux biopsies solides et à l’imagerie. Parmi ces fluides, le fluide oral occupe une place de choix présentant l’avantage indéniable d’être non invasif, voire accessible au patient lui-même.

Au sein de la littérature scientifique foisonnante sur la salive, nous retiendrons un papier de Huang et coll. intitulé « Saliva – a new opportunity for fluid biopsy » [13].

Encore récemment, le sang (et, dans une moindre mesure, l’urine) constituait le principal fluide sollicité pour des analyses biologiques. Mais les modalités de prélèvement du sang (personnel habilité, douleur…), et les conditions de transport et de stockage ont conduit à chercher des vecteurs liquidiens sans ces inconvénients. De nombreuses études établirent que d’autres fluides (salive totale, fluide cérébrospinal, liquide pleural…) pouvaient fournir davantage d’informations biologiques que le sang. En effet, de très nombreux marqueurs fiables, révélateurs de l’état physiologique ou pathologique des tissus internes, y circulent. ADN, ARN sous toutes ses formes, glucides, lipides, protéines (plus de 2 000 formes comme enzymes, antigènes, anticorps, hormones, facteurs de croissance, médiateurs, métabolites), vésicules extracellulaires, produits d’origine microbienne, éléments inorganiques, analysés isolément ou associés, à partir du fluide oral, peuvent en dire long sur le fonctionnement des organes. Les spectaculaires développements technologiques de ces dernières années permettent de détecter ces substances à l’échelle nano-moléculaire.

S’ajoute à ces considérations la mise au point de dispositifs médicaux miniaturisés directement utilisables par le praticien, voire dans certains cas par le patient lui-même : les POC (points of care). Une goutte de fluide oral instillée dans un POC peut livrer en quelques instants une information précieuse pour enrichir ou conforter un diagnostic.

Dans d’autres cas, le prélèvement devra être traité dans un laboratoire spécialisé. Au fauteuil dans un contexte strictement bucco-dentaire, ou dans d’autres structures médicales, le fluide oral peut livrer de précieux indices souvent précoces…

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