L’incidence des ONM en pratique clinique varie de 1,2 à 6,7 cas pour 10000 patients-années [1, 2]. D’après une étude de l’association américaine des chirurgiens oraux et maxillofaciaux (AAOMS), le risque d’ostéonécrose est de 0,02 à 0,05 % sous BP per os, < 0,02 % sous BP i.v., de 0,04 à 0,3 % sous Dmab et de 0 à 0,02 % sous placebo [3]. Cette manifestation constitue donc, comme le rappelle la Food and Drug Administration (FDA), un événement rare au regard des 5,1 millions de patients de plus de 55 ans exposés aux antirésorbeurs aux États-Unis [4].
Qu’est-ce que l’ostéonécrose de la mâchoire ?
L’ONM est cliniquement caractérisée par une exposition osseuse maxillaire de plus de 8 semaines chez un patient ayant été traité ou en cours de traitement par IRO, sans antécédents de radiothérapie dans la région de la tête et du cou, ni lésion cancéreuse des maxillaires. Cette lésion osseuse peut survenir spontanément ou être induite par un traumatisme du tissu osseux comme lors d’un geste de chirurgie buccale (en premier lieu, les avulsions dentaires).
Le diagnostic peut être difficile en présence de symptômes et risques cliniques non spécifiques comme des douleurs dentaires sans cause dentaire évidente, des douleurs osseuses irradiantes, des douleurs sinusiennes ou un déficit sensitif. À ce stade qualifié de stade 0 dans la classification de l’American Association of Oral and Maxillofacial Surgeons (AAOMS), les signes radiographiques sont non spécifiques sur l’imagerie 2D du panoramique et visibles seulement sur une imagerie 3D par Cone Beam.
Que faire avant l’instauration d’un traitement par IRO ?
Le débat concernant le bilan bucco-dentaire préthérapeutique est ancien ; ce bilan n’est ni standardisé ni standardisable. Il est impératif d’informer les patients du risque très faible d’ONM en insistant sur le bénéfice attendu du traitement…