Les effets biologiques de la lumière fascinent les médecins depuis l’Antiquité. Les civilisations égyptiennes, grecques et romaines utilisaient déjà l’exposition solaire à des fins thérapeutiques, notamment dans certaines affections cutanées.
L’histoire moderne de la photobiomodulation (PBM) débute cependant presque par hasard. En 1967, le chirurgien hongrois Endre Mester cherche à étudier les effets potentiellement cancérigènes d’un laser récemment développé [1]. Mais le dispositif utilisé délivre en réalité une puissance bien plus faible que celle initialement prévue. À sa surprise, aucune destruction tissulaire n’est observée. Les souris irradiées présentent au contraire une repousse pileuse plus rapide ainsi qu’une amélioration de la cicatrisation. Cette observation inattendue ouvre alors la voie à un nouveau champ de recherche : celui des effets biologiques de la lumière à faibles doses d’énergie.
Depuis, les progrès de la biologie cellulaire et de la physiopathologie tissulaire ont permis d’en élucider les mécanismes. Répondant à la demande de thérapeutiques moins invasives et mieux tolérées, la photobiomodulation s’est progressivement développée dans de nombreuses disciplines médicales – médecine du sport, rhumatologie, neurologie, oncologie de support. Elle suscite aujourd’hui un intérêt grandissant en chirurgie dentaire, en particulier dans la gestion de la douleur, de l’inflammation et de la cicatrisation tissulaire.
Qu’est-ce que la photobiomodulation ?
La photobiomodulation (PBM) correspond à l’utilisation thérapeutique d’une lumière non ionisante dans les spectres du rouge et du proche infrarouge, délivrée à faibles niveaux d’énergie par des lasers ou des diodes électroluminescentes (LED), afin d’induire une réponse biologique bénéfique sur les tissus.
Elle se distingue fondamentalement des lasers chirurgicaux, dont les effets reposent sur des phénomènes…