Ma présentation lors du Symposium de l’Institut Français pour la Recherche en Odontologie (IFRO), qui s’est tenu le 5 février 2025, a porté sur l’impact translationnel de la protéomique salivaire et urinaire en tant qu’approches innovantes, non invasives, pour le diagnostic et le pronostic du carcinome épidermoïde buccal (OSCC) et du carcinome épidermoïde des voies aérodigestives supérieures (HNSCC). Constatant que ces cancers sont fréquemment diagnostiqués à des stades avancés en raison de l’absence d’outils de dépistage moléculaire précoce, j’ai souligné le potentiel des biomarqueurs salivaires et urinaires comme voies prometteuses pour le dépistage à haut débit, la surveillance en temps réel et la stratification précise des patients.
En m’appuyant sur plus d’une décennie d’avancées en protéomique salivaire, j’ai mis en lumière la façon dont les innovations conceptuelles et les avancées technologiques en spectrométrie de masse, en techniques de séparation, et en bioinformatique ont transformé la protéomique, la faisant évoluer d’un simple outil à une discipline intégrée à l’échelle des systèmes biologiques.
Le profilage du protéome salivaire repose désormais sur des approches dites top-down et bottom-up. La première permet l’analyse directe de protéines intactes, tandis que la seconde – basée sur la digestion enzymatique – facilite une exploration approfondie au niveau peptidique, notamment via les plateformes spécialisées en électrophorèse en deux dimensions1 (2DE) et en spectrométrie de masse en tandem2 (MS/MS) et la chromatographie liquide3 (LC) couplée à la spectrométrie de masse en tandem (MS/MS). Ces méthodes ont permis un profilage complet de la salive glandulaire (collectée à partir d’une seule glande comme la parotide) et de la salive totale, mais certains défis persistent. Par exemple, les protéines peu abondantes telles que les cytokines restent difficiles…