Prothèse amovible pédiatrique : accompagner la croissance d’un patient atteint du syndrome de Di George à l’adolescence

  • Par
  • Publié le . Paru dans Stratégie Prothétique n°3 - 5 juin 2019
Information dentaire
Quelles sont les spécificités de la prothèse amovible pédiatrique ?
Comment faire pour gérer la croissance alvéolaire et l’éruption des dents ?
Quelles spécificités occlusales pour ces prothèses ?

Le syndrome de Di George, ou syndrome vélo-cardio-facial (délétion 22q11), présente un large spectre phénotypique de modéré à sévère pouvant inclure : des malformations cardiaques variées (75 %), une immunodéficience secondaire à une aplasie/hypoplasie thymique (60 %), des atteintes rénales et gastro-intestinales, des troubles de l’apprentissage et/ou psychiques (95 %) [1]… De plus, il peut être observé des anomalies ORL et/ou vélo-palatines (95 %) et des anomalies dentaires telles qu’une hypoplasie de l’émail (40 %).

Cette pathologie implique une mutation de type délétion de trois millions de paires de base [2]. Elle apparaît de novo dans 90 % des cas ou par transmission autosomique dominante. La prévalence de ce syndrome est de 1/2 000 à 1/4 000 naissances.

Cet article présente la prise en charge prothétique de Pierre, qui avait pour objectif de restaurer l’ensemble des fonctions (déglutition, mastication, phonation), de permettre une meilleure insertion sociale mais aussi, à plus long terme, d’accompagner la croissance maxillo-faciale jusqu’à l’adolescence. Pour cela, des prothèses amovibles complètes ont été réalisées et un suivi organisé sur les sept années suivantes.

Réhabilitation prothétique : prothèses amovibles complètes  en denture temporaire

Pierre, 4 ans et demi, atteint du syndrome de Di George, a été adressé par son chirurgien-dentiste au pôle de médecine bucco-dentaire du CHU de Reims pour une prise en charge bucco-dentaire. Il présente un déficit immunitaire se traduisant par des infections oro-pharyngées répétées, des retards psychomoteurs, cognitif et du langage. Lors de la consultation, il a été observé un fort délabrement de l’ensemble de la denture (fig. 1a, b) se traduisant, selon la mère, par des douleurs mais aussi par un déficit des apports alimentaires solides.
Devant ce tableau clinique, il a été décidé d’extraire l’ensemble…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Prothèse amovible

Mesures d’hygiène et prothèses amovibles en résine

La mise en œuvre de moyens d’hygiène adaptés est très importante chez les porteurs de prothèses amovibles pour prévenir les...
Prothèse amovible

20 ans de prothèse amovible complète au laboratoire

Considéré comme incurable durant des centaines d’années, l’édenté total a fait preuve de patience pour se voir offrir les prémices...
Prothèse amovible

20 ans de prothèse amovible complète : clinique

Notre profession est tributaire du geste. Ce dernier ne peut se soustraire à l’apprentissage. L’enseignement par des « Maîtres » supposés avoir...
Prothèse amovible

20 ans de traitements par prothèse partielle amovible

La prothèse amovible partielle (PAP) est l’expression prothétique la plus ancienne pour pallier les désordres bucco-dentaires causés par l’édentation. On...
Prothèse Prothèse amovible

Gestion d’une perte de rétention en prothèse amovible complète

Face à la perte de rétention tardive d’une prothèse amovible complète unimaxillaire, unimandibulaire ou maxillo-mandibulaire, le praticien présumant une perte...
Prothèse amovible

Traitement et coulée des empreintes de prothèse amovible

Que ce soit en prothèse amovible complète ou partielle, les empreintes reçues au laboratoire doivent être manipulées et coulées avec...