Le bridge collé, privilégiant l’économie tissulaire, a évolué au fil des décennies : des bridges à deux ailettes vers les mono-ailettes [1], et des restaurations céramo-métalliques vers les restaurations céramo-céramiques [2-4]. Ces dernières années, le bridge cantilever (mono-ailette) a connu un essor remarquable grâce à l’évolution des biomatériaux céramiques et des résines de collage [2-4].
Les premiers cantilevers en céramique collée ont été réalisés à partir de la céramique in-ceram Zirconia (VITA), par leur précurseur, le Pr. M. Kern. Ils constituent à ce jour la plus ancienne cohorte clinique publiée [2]. Cette céramique n’étant plus commercialisée à ce jour, elle est remplacée par de nouvelles propositions commerciales offrant esthétique et résistance.
Deux familles de biomatériaux sont principalement reconnues pour ces indications : les zircones (ZR) et les céramiques vitreuses renforcées au disilicate de lithium (LD).
De façon très générale, les restaurations en zircone présentent une ténacité accrue, autorisant une faible épaisseur au niveau de l’ailette et nécessitant une moindre dimension de connexion entre celle-ci et l’élément intermédiaire [2-4]. De plus, leur mise en forme par usinage au laboratoire procure une excellente précision d’adaptation. Les vitrocéramiques renforcées au disilicate de lithium offrent, quant à elles, des propriétés esthétiques remarquables, mais leurs propriétés mécaniques imposent certaines précautions quant à leurs indications [3, 4].
Le bridge cantilever collé s’inscrit ainsi dans une double continuité : la dentisterie minimalement invasive et la prothèse biomimétique, tout en répondant aux contraintes esthétiques contemporaines. Leurs résultats cliniques, tous matériaux confondus, attestent de leur intérêt clinique : un taux de succès de 94,4 % à 10 ans [2] et un taux de survie dépassant 90 % à très long terme (+ de 10…