Récessions, hypersensibilité dentinaire et impact sur la qualité de vie

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°1 - 13 janvier 2026 (page 54-56)
Information dentaire
L’hypersensibilité dentinaire est définie comme une douleur brève et aiguë survenant en réponse à des stimuli externes sur une dentine exposée, sans autre pathologie dentaire identifiable. Sa prévalence moyenne chez l’adulte est de 33,5 %, et peut atteindre 52,6 % chez les patients atteints de parodontite [1]. Elle n’est pas un simple inconfort passager, mais une condition chronique et invalidante pour de nombreux patients avec une altération mesurable de leur qualité de vie, en particulier en contexte parodontal : alimentation douloureuse, gêne esthétique, difficulté d’hygiène, inconfort social et psychologique [2].

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Cas clinique

Une patiente vient consulter en raison de douleurs dentaires diffuses qui s’intensifient au brossage. Gênée par des récessions gingivales qu’elle juge inesthétiques et contrainte à adapter son alimentation, elle évalue son confort buccal à 3 sur 10.

L’examen clinique révèle des récessions gingivales généralisées au maxillaire (fig. 1), de type RT1 et RT2 selon F. Cairo, responsables d’une hypersensibilité dentinaire marquée.

Objectif thérapeutique

Les traitements non invasifs (dentifrices désensibilisants, composites) offrent un soulagement temporaire mais ne traitent pas la cause. À l’inverse, les greffes gingivales à visée de recouvrement permettent de traiter l’étiologie de la douleur en recouvrant la dentine exposée, avec un taux de suppression complète de la douleur de 60 à 80 % [3].

Pour répondre à la demande de la patiente, une greffe gingivale est indiquée. En attendant la chirurgie, un dentifrice désensibilisant est recommandé à la patiente.

Le choix de la technique est guidé par un arbre décisionnel [4] prenant en compte le nombre de récessions, la quantité de tissu kératinisé et plusieurs points clés. Ici, ce sont les papilles qui vont guider notre décision :

Secteur 1 : papilles étroites et rétruses (fig. 2) : technique de tunnellisation ;

Secteur 2 : papille distale de 23 dodues et malposition de 24 (fig. 3) : CAF (lambeau déplacé coronairement).

Une chirurgie combinée est réalisée (fig. 4) :

  • tunnellisation secteur 1, élévation d’un lambeau secteur 2 ;
  • prélèvement épithélioconjonctif unilatéral au palais, désépithélialisé et divisé en deux ;
  • greffon de lamina propria inséré dans le tunnel (secteur 1) et suturé au périoste (secteur 2) ;
  • jeu de sutures…

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