Relation entre l’occlusion et les dysfonctionnements temporo-mandibulaires : changement de paradigme

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°1 - 5 mars 2020 (page 14-17)
Information dentaire

L’occlusion a été considérée pendant des années comme étant l’un des facteurs étiologiques majeurs responsables des troubles temporo-mandibulaires (DTM). Cependant, à ce jour, les associations rapportées à travers les études sont peu nombreuses, faibles et peu pertinentes. Par ailleurs, la correction de la malocclusion par un traitement orthodontique ne semble pas prévenir ou augmenter le risque d’apparition de DTM.

De ce fait, dans la littérature scientifique actuelle, le rôle de l’occlusion dans l’étiologie des DTM n’a pas encore été clairement établi ; Il ne doit donc pas être exagéré. D’un autre côté, le concept de l’occlusion doit aller au-delà de sa simple participation périphérique (relations dentaires occlusales) et envisager un concept plus large qui tient compte aussi de cette participation occlusale. Par conséquent, la capacité d’adaptation individuelle des patients doit être prise en compte par les cliniciens pour prévenir les comportements inadaptés d’ordre iatrogène.

Les cliniciens et les chercheurs ont longtemps considéré l’occlusion comme étant l’un des facteurs étiologiques majeurs directs et/ou indirect, responsable des dysfonctionnements temporo-mandibulaires (DTM) [1]. En effet, déjà en 1934, Costen avait associé le développement de douleurs temporo-mandibulaires, de céphalées et de mauvaise position des condyles à un support dentaire postérieur réduit et à une supraclusion [2]. Par la suite, Thompson a indiqué qu’une malocclusion pouvait être responsable d’un déplacement postérieur et supérieur du condyle, suggérant la nécessité de déplacer le condyle vers le bas et vers l’avant [3].

Depuis, malocclusions et facteurs occlusaux ont été associés à des signes ou symptômes temporo-mandibulaires, et un nombre pertinent d’études a été publié [4,5], mais les corrélations rapportées sont peu nombreuses, faibles et basées essentiellement sur des recherches sans groupe témoin. Par ailleurs, certaines études comportant différents échantillons, bien qu’elles décrivent quelques associations, présentent des faiblesses dans leur conception avec une sélection inappropriée des échantillons.

Par conséquent, une possible association entre l’occlusion et les DTM ne s’est pas révélée pertinente au travers des études, et pourrait même être due au hasard [6]. Lorsque l’on considère les études de populations réalisées sur de larges échantillons, elles confirment qu’aucune relation n’a pu être établie entre les signes et les symptômes des DTM et la variation de plusieurs paramètres occlusaux [7-9]. En effet, les analyses statistiques spécifiquement conçues pour apprécier le potentiel de risque montrent que des surplombs et recouvrements de niveau important sont compatibles avec une fonction normale des muscles manducateurs et des ATM. Ainsi, tenter de prévenir les DTM en créant des relations de surplomb et de recouvrement « plus normales » par des…

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