2017 : problème clinique
Nous suivons en orthodontie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière une patiente de 9 ans qui présente un retard d’éruption dentaire inexpliqué à la mandibule : en bouche, la seule dent permanente du secteur incisivo-canin est la 41. La radiographie panoramique laisse suspecter la présence de germes surnuméraires. Une imagerie CBCT est prescrite et analysée classiquement via les vues multiplanaires (MPR) et les reconstructions volumiques basées sur des seuillages de niveau de gris (fig. 1).
L’analyse de l’imagerie CBCT est rendue difficile par le nombre important de dents surnuméraires présentes dans le secteur incisivo-canin mandibulaire. En particulier, la reconstruction volumique ne permet pas d’appréhender finement la position des différentes dents et de leurs racines. Cela complique l’établissement du plan de traitement, devant établir quelles sont les dents à avulser et celles à tracter avec un appareillage orthodontique. Cette décision de traitement serait grandement facilitée par des informations tridimensionnelles supplémentaires sur la forme des différentes dents, leur position tridimensionnelle ou encore leur édification radiculaire.
Nous avons alors recours à la segmentation de l’imagerie CBCT : cette méthode permet de « colorier » les éléments d’intérêt sur les différentes coupes de l’imagerie, pour reconstruire finement la situation tridimensionnelle (fig. 2). Les 3 incisives surnuméraires sont alors facilement objectivables. L’obstacle majeur à l’utilisation de cet outil en clinique est le temps nécessaire pour effectuer cette segmentation : à l’époque, il fallait plusieurs heures de « coloriage » manuel pour un seul CBCT [1] ! Ce temps de traitement constituait un frein majeur à l’adoption de cet outil en clinique, ce qui a constitué la motivation principale de notre travail.

