Comprendre les principaux facteurs de risque
Vieillissement et fonction rénale
La personne âgée ne se définit pas par un âge seuil unique : état fonctionnel, comorbidités, polymédication, cognition et autonomie comptent également [1, 2]. Avec l’avancée en âge, les réserves physiologiques diminuent et plusieurs étapes du devenir du médicament peuvent être modifiées. Une diminution de la fonction rénale ainsi que des modifications de la composition corporelle et du métabolisme hépatique peuvent modifier la pharmacocinétique de certains médicaments [3].
Le débit de filtration glomérulaire (DFG) permet d’estimer la capacité de filtration des reins. Sa diminution peut entraîner l’accumulation de médicaments ou de métabolites éliminés par voie rénale et majorer le risque de surdosage. Les bilans biologiques de routine fournissent une estimation du DFG à partir, entre autres, de la créatininémie, selon trois formules possibles : Cockcroft et Gault, MDRD et CKD-EPI. Si la formule CKD-EPI donne l’estimation la plus proche du DFG réel [4], en pratique chez le sujet âgé la formule de Cockcroft et Gault reste utilisée car elle fournit une estimation basse du DFG, ce qui limite le risque de surdosage malgré son imprécision. Le DFG constitue donc le principal paramètre utilisé pour adapter la posologie des médicaments, sur la base des Résumés Caractéristiques du Produits (RCP) que l’on peut trouver sur la Base de Données Publique [5]. En cas de situation complexe ou de médicament à marge thérapeutique étroite, un avis spécialisé peut être nécessaire [6, 7].
À retenir – fonction rénale
• Ne pas se fier à la créatininémie seule chez la personne âgée.
• Vérifier les données rénales récentes disponibles avant une prescription à risque.
• Consulter le Résumé Caractéristique Produit (RCP) pour l’adaptation posologique ; les calculateurs sont des aides.